N° 248
du 18/04/2002

Burundi


Le principal parti hutu
s'en prend au gouvernement de transition

Le principal parti hutu burundais, le Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU), a dénoncé le 05/04/2002 les manŠuvres "dilatoires" du gouvernement de transition sur le cessez-le-feu et la mise en place d'une nouvelle armée.
"Le FRODEBU est surpris que le gouvernement dise, dans son rapport triennal, qu'il n'a pas de programme de négociation, pas de stratégie et pas d'interlocuteurs", a déclaré le secrétaire général du FRODEBU, Léonce Ngendakumana. Le FRODEBU "dénonce les manoeuvres dilatoires du gouvernement en ce qui concerne (...) la réforme de l'administration territoriale, la négociation d'un cessez-le-feu et la formation de nouvelles forces de défense et de sécurité", a-t-il ajouté.
"Le président (Pierre Buyoya, tutsi) et le vice-président (Domitien Ndayizeye, hutu) ont pris des engagements à Arusha, ils doivent les respecter", a-t-il encore lancé.
Des institutions de transition, dont le FRODEBU est l'un des principaux acteurs, partagent le pouvoir entre les Hutus et les Tutsis depuis le 1er novembre 2001. Elles ont été mises en place conformément à l'accord de paix signé le 28 août 2000 à Arusha (Tanzanie) entre le gouvernement et son opposition hutue et tutsie. Les mouvements rebelles armés hutus, qui ont refusé d'y adhérer, poursuivent la guerre.
Sans menacer de quitter les institutions de transition, le FRODEBU évoque toutefois cette possibilité. "S'il s'avérait que les choses iraient mieux si le FRODEBU se retirait, le FRODEBU le ferait", a affirmé M. Ngendakumana. "Mais ce n'est pas encore le cas aujourd'hui", a-t-il ajouté.
"Le gouvernement poursuit la politique de la course aux armements", a-t-il encore protesté.


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