N° 254
du 02/09/2002

Burundi


Accord de cessez-le-feu avec un petit mouvement rebelle

Un protocole d’accord pour un cessez-le-feu a été signé le 26 août à Dar es-Salaam (Tanzanie) entre le gouvernement burundais et une branche minoritaire des Forces pour la défense de la démocratie (FDD, principal mouvement rebelle hutu). Les principaux mouvements rebelles hutus, qui combattent depuis 1993 l’armée dominée par la minorité tutsie, n’ont pas signé cet accord.
“Ce que nous avons signé n’est pas un cessez-le-feu mais un protocole qui pose les fondations d’un processus de cessation des hostilités au Burundi”, a déclaré Jean-Bosco Ndayikengurukiye, le chef de cette branche minoritaire des FDD.
Les rebelles des FDD-Ndayikengurukiye sont très peu actifs au Burundi et sont principalement basés en République démocratique du Congo.
La médiation dans le conflit burundais espère que des accords de cessez-le-feu seront ultérieurement signés avec la branche majoritaire des FDD, dirigée par Pierre Nkurunziza, ainsi qu’avec le deuxième mouvement rebelle en importance, les Forces nationales de libération (FNL). Les FNL sont également en proie à de profondes divisions internes (cf. ci-dessous). Des pourparlers de cessez-le-feu entre le gouvernement burundais et l’aile minoritaire des FNL, qui devaient débuter à Dar es-Salaam, ont été reportés.
Entamés le 12 août, ces pourparlers de cessez-le-feu entre Bujumbura et les FDD-Nkurunziza n’avaient abouti à rien de concret, les deux délégations ne s’étant rencontrées en séance plénière qu’une fois, pendant seulement trois heures.
Le vice-président sud-africain a indiqué que les négociations avec la branche majoritaire des FDD reprendraient le 16 septembre.
Sur le terrain au Burundi, l’attaque de la capitale Bujumbura par les rebelles des Forces nationales de libération (FNL), le 25 août à l’aube, a fait plus de 40 morts. Selon le ministre burundais de l’Intérieur, 30 rebelles ont été tués.

Ce que prévoit le projet de cessez-le-feu global

Le projet d’un accord de cessez-le-feu au Burundi, préparé par la médiation, prévoit notamment le déploiement d’une mission d’observation de l’ONU, le retour de l’armée dans ses casernes, sa restructuration et le rassemblement des rebelles dans des zones spécifiques.
Selon ce projet, qui est la base des pourparlers ouverts à Dar es-Salaam, l’application de l’accord se fera en deux étapes.

Première étape
- Signer un accord complet de cessez-le-feu.
- Déclarer la fin des hostilités.
- Etablir une commission conjointe pour cet accord de cessez-le-feu et mettre en place des équipes conjointes de liaison.
- Déploiement d’une mission d’observation de l’ONU pour contrôler l’accord.
- Retrait de toutes les troupes étrangères du Burundi, à l’exception de celles liées par des accords bilatéraux de coopération. Les forces armées burundaises devront également se retirer des pays étrangers.
- Mouvement et contrôle des Forces armées du Burundi vers les casernes ainsi que des combattants des groupes armés (rebelles, ndlr) dans des zones spécifiques sous escorte de la mission de l’ONU.
- Désarmement simultané des combattants armés, des Forces armées du Burundi et des milices.
- Exécution des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration.
- Déminage et destruction d’armes.

Deuxième étape
-
Réformer et mettre en place la structure des nouvelles Forces de défense et de sécurité.
- Sélection du personnel pour ces nouvelles Forces.
- Entraînement professionnel des commandants puis des soldats.
- Inauguration des nouvelles Forces nationales de Défense et de Sécurité du Burundi


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