N°257
du 17/10/2002

Burundi


Les différents protagonistes de la guerre civile

Depuis presque dix ans, l’armée, dominée par la minorité tutsie, combat plusieurs mouvements rebelles hutus, dont le principal est celui des Forces pour la défense de la démocratie (FDD) de Pierre Nkurunziza.

- Les Forces pour la défense de la démocratie (FDD) sont nées fin 1993, après l’assassinat du premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, un Hutu, au cours d’une tentative de coup d’Etat militaire le 23 octobre 1993. Cet assassinat a été suivi de massacres interethniques, marquant ainsi le début de la guerre civile.
La principale branche des FDD est dirigée depuis octobre 2001 par Pierre Nkurunziza, après le limogeage de Jean-Bosco Ndayikengurukiye, actuellement à la tête d’une branche dissidente, peu représentée sur le sol burundais.
Pierre Nkurunziza serait à la tête de 10.000 et 12.000 combattants, principalement stationnés en Tanzanie. Moins de 4.000 seraient sur le sol burundais aujourd’hui.
Jean-Bosco Ndayikengurukiye disposerait d’environ 5.000 hommes, presque tous stationnés en RD Congo. Son mouvement a signé avec le gouvernement un protocole d’accord de paix le 26 août. Mais, à ce jour, il n’a pas été concrétisé.

- Les Forces nationales de libération (FNL) sont également en proie à des dissensions internes.
Le 8 août, Alain Mugabarabona, jusqu’alors en charge des relations extérieures du mouvement rebelle, annonçait sa nomination comme “président intérimaire” des FNL et son intention de se rendre aux pourparlers de paix avec le gouvernement.
Mais le chef des FNL, Agathon Rwasa, a très vite affirmé rester maître du mouvement. Pour le prouver, il a lancé plusieurs attaques sur la capitale, Bujumbura, refusant de négocier avec le gouvernement tant que celui-ci ne remplirait pas certaines conditions.
M. Rwasa contrôle la grande majorité des rebelles des FNL.
Dans son ensemble, le mouvement compte quelque 3.000 combattants qui opèrent à l’ouest du Burundi, autour de la capitale.
Ce mouvement est né au Rwanda dans les années 1970 et s’est développé dans les camps de Tanzanie chez les réfugiés qui avaient fui les massacres interethniques de 1972.

- L’armée est perçue par nombre de Tutsis comme “le rempart contre la majorité hutue prête au génocide”. Dominée par la minorité tutsie, elle peut compter sur 45.000 hommes d’active et 10.000 réservistes.
Elle est épaulée par 20.000 supplétifs, appelés "gardiens de la paix", essentiellement des Hutus.
Même si le haut commandement est presque exclusivement tutsi, l’armée burundaise a recruté énormément chez les Hutus depuis dix ans. Aujourd’hui, les Hutus composent plus de 40% des hommes de troupe. Mais la proportion est moindre chez les sous-officiers et les officiers subalternes.


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