N°257
du 17/10/2002

Burundi


Le sommet de Dar es-Salaam
donne 30 jours pour un accord de cessez-le-feu

Un sommet sur la paix au Burundi, qui s’est tenu le 7 octobre à Dar es-Salaam en Tanzanie, a donné 30 jours au président burundais Pierre Buyoya et aux dirigeants des deux principaux mouvements rebelles hutus pour signer un accord de cessez-le-feu et entamer des “négociations directes”.
Selon le communiqué final du sommet, des “mesures appropriées” seront prises contre ces mouvements rebelles s’ils restent “récalcitrants” au processus de paix et n’ont pas rejoint la table de négociations dans le délai, au terme duquel un nouveau sommet régional aura lieu.
L’avertissement s’adresse aux branches majoritaires des deux principaux mouvements rebelles, les Forces pour la défense de la démocratie (FDD) et les Forces nationales de libération (FNL).
Les cinq chefs d’Etat africains qui ont participé avec M. Buyoya à ce 18ème sommet régional sur le Burundi - les présidents Benjamin Mkapa (Tanzanie),w Joseph Kabila (République démocratique du Congo), Yoweri Museveni (Ouganda) et Thabo Mbeki (Afrique du Sud) - n’ont pas employé le terme de “sanctions” pour menacer les rebelles, comme le président burundais l’aurait souhaité.
M. Buyoya estime toutefois que c’était implicite : des “sanctions” frapperont ceux qui retarderaient les négociations, a-t-il déclaré à Bujumbura, à son retour de Dar es-Salaam.
“Dans les trente jours, il faut l’ouverture de négociations directes entre le gouvernement burundais, représenté par le chef de l’Etat, et les deux mouvements rebelles, représentés par leurs leaders, respectivement Pierre Nkurunziza pour les FDD et Agathon Rwasa pour les FNL”, a précisé ensuite le porte-parole du gouvernement, Albert Mbonerane, ministre de la Communication.
Cette perspective plaît à M. Buyoya, ainsi qu’aux FDD.
“Ce seront des négociations directes, c’est-à-dire sans conditions et dans le cadre de l’accord de paix signé à Arusha, et celui qui aura été récalcitrant, celui qui aura retardé les négociations subira des sanctions”, a souligné le président burundais devant la presse. “Ce que le sommet a demandé de plus, c’est que les leaders des deux mouvements qui n’ont pas encore répondu à la négociation puissent se présenter personnellement au cours des prochaines négociations”, a-t-il ajouté.

La décision de négociations directes “rejoint une de nos exigences de négociations entre les commandants suprêmes des vrais belligérants, et nous ne pouvons que nous en féliciter”, a commenté le porte-parole des FDD, le lieutenant Gélase-Daniel Ndabirabe.
Mais cette rencontre est soumise à un préalable, a-t-il ajouté : la signature par M. Buyoya d’une “déclaration d’engagement” dans laquelle il doit “assumer la responsabilité du coup d’Etat de 1993 qui a déclenché la guerre, et ses conséquences, tous les actes commis par l’armée depuis lors, et donner des garanties que son armée et son gouvernement ne violeront pas l’accord que nous signerons”, a-t-il précisé.
“Si Buyoya ne signe pas cet acte d’engagement, cela veut dire qu’il refuse le statut de belligérant, et donc il n’y aura pas de négociations”, a-t-il conclu.
L’accord de paix signé le 28 août 2000 à Arusha (Tanzanie), après deux années de négociations entre le gouvernement et l’opposition politique hutue et tutsie, n’a pas eu d’effet, car les mouvements de la rébellion hutue ne l’ont pas signé.


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