N°259
du 29/11/2002

Burundi


Interdiction pour six mois du PARENA,
le principal parti tutsi d’opposition

Le Parti pour le redressement national (PARENA) de l’ancien président Jean-Baptiste Bagaza, a été interdit par le gouvernement burundais pour une période de six mois, a annoncé le 7 novembre la radio nationale.
M. Bagaza, le président du PARENA, a été placé le 4 novembre en résidence surveillée à Bujumbura. Huit autres membres de ce parti, dont quatre cadres dirigeants, sont en “garde à vue”.
L’ancien président Bagaza et son parti sont accusés d’”atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat”. M. Bagaza préparait “un plan de déstabilisation des institutions, de subversion dans Bujumbura, et d’élimination des responsables des institutions”, en particulier du chef de l’Etat Pierre Buyoya et du président de l’Assemblée nationale de transition Jean Minani, selon le ministre de l’Intérieur, Salvator Ntihabose.
“C’est faux et archi-faux, j’ai seulement mis en garde ceux qui continuent de massacrer la population”, a rétorqué M. Bagaza. “Aujourd’hui je mène un combat politique, mais demain je pourrais envisager autre chose si ça continue”, avait-il menacé, estimant que “si l’armée sortait (des casernes) aujourd’hui au Burundi, ce serait pour de bonnes raisons”.
Des sympathisants présumés du PARENA ont tenté à plusieurs reprises de lancer une grève générale et de paralyser la capitale, faisant exploser quelques grenades dans des terrains vagues.

Ancien colonel de l’armée burundaise, M. Bagaza avait pris le pouvoir en 1976 à la faveur d’un coup d’Etat. Il en avait été chassé en 1987 par le major Pierre Buyoya, qui a perdu la première élection présidentielle démocratique du pays en 1993 avant de revenir au pouvoir en 1996 après un coup d’Etat sans effusion de sang.
M. Bagaza est le deuxième opposant arrêté en trois semaines. Avant lui, Charles Mukasi, président de l’aile radicale de l’UPRONA, avait été arrêté pour “injures au chef de l’Etat”.


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