N° 263
du 29/01/2003

Burundi


Charles Mukasi, président de l’aile radicale
du principal parti tutsi, écroué

Le président de l’aile radicale du principal parti tutsi du Burundi, l’Union pour le progrès national (Uprona), Charles Mukasi, a été arrêté le 21 janvier et conduit à la prison centrale de Bujumbura où il est écroué. Il est accusé d’injure au chef de l’Etat dans le message de fin d’année qu’il a adressé à ses partisans, selon Me Gabriel Sinarinzi, son avocat. M. Mukasi était en liberté provisoire depuis la mi-décembre, après avoir passé près de deux mois en prison pour avoir qualifié le président, le major Pierre Buyoya, également Tutsi, “d’ennemi public numéro 1 de l’armée burundaise”.
“C’est une volonté délibérée du pouvoir Buyoya de mettre au vert tous ceux qui sont opposés aux négociations avec ceux qui ont commis le génocide au Burundi”, a accusé un membre de la direction de l’aile radicale du parti tutsi, s’exprimant sous couvert de l’anonymat.
M. Mukasi, très populaire dans les milieux tutsis de la capitale, est opposé à l’accord de paix d’Arusha signé le 28 décembre 2000 avec l’opposition politique hutue, et à toute négociation avec les mouvements rebelles hutus.
C’est le deuxième chef de file de l’opposition tutsie opposé aux négociations avec les rebelles à être dans le collimateur de la justice.
L’ancien président du Burundi et président du Parti pour le redressement nationale (Parena), Jean-Baptiste Baganza est en garde à vue depuis plus de deux mois. Dix hauts cadres de ce parti tutsi sont en prison pour “tentative d’assassinat sur la personne du chef de l’Etat et du président de l’Assemblée nationale”.


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