N° 270
du 20/05/2003

Burundi


Meurtre du représentant de l’OMS
Le procureur ne réfute pas
l’implication des services secrets

Le procureur général du Burundi, Gérard Ngendabanka, a annoncé le 16 mai qu’il ne réfutait pas la thèse d’un avocat qui accuse les services secrets d’avoir fait assassiner en 2001 le directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Bujumbura, Kassi Manlan.
“Je ne réfute pas les déclarations de Me François Nyamoya, je critique la démarche qu’il a employée”, a déclaré M. Ngendabanka. Me François Nyamoya, avocat d’une des six personnes accusées de l’assassinat de M. Manlan, a affirmé que les services secrets burundais avaient “préparé” ce crime.
“Ce sont deux responsables de la Documentation nationale (services secrets), un colonel et un commandant, qui ont préparé, planifié et supervisé l’assassinat du Dr Kassi Manlan, le 20 novembre 2001”, avait déclaré l’avocat.
Le procès des six assassins présumés, qui s’est ouvert le 7 février dernier devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bujumbura, a été reporté depuis à deux reprises, et la prochaine audience est prévue le 30 mai.
“Nous allons appeler à la barre le procureur général de la République, Gérard Ngendabanka, et le colonel Martin Nkurikiye, patron de la Documentation. Ce sont des témoins clés, qui peuvent éclairer la justice car ils connaissent la vérité”, avait encore déclaré l’avocat.

Le corps du Dr Manlan, un Ivoirien de 55 ans, avait été repêché dans le lac Tanganyika le 21 novembre 2001. Après enquête, le procureur général du Burundi avait conclu à un assassinat.
La secrétaire du Dr Manlan, Gertrude Nyamoya, et quatre de ses vigiles qui montaient la garde devant son bureau et son domicile, sont en garde à vue depuis fin novembre 2001, accusés d’être les auteurs du crime.
Un ancien responsable de l’OMS, de nationalité guinéenne, absent du Burundi, est également accusé d’être l’un des cerveaux de l’assassinat.


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