N° 271
du 03/06/2003

Burundi


Quatre leaders de l’opposition
«radicale» tutsie en garde-à-vue

Quatre leaders de l’opposition «radicale» tutsie, sur six recherchés par la police, sont en garde-à-vue pour «subversion», a annoncé le 26/05 le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Salvatore Ntihabose.
Le procureur général a ordonné l’arrestation de Concilie Nibigira, André Birabuza et Raphael Horumpende pour qu’ils soient entendus par les autorités judiciaires qui les soupçonnent d’être les complices de Daniel Ruitamucero, également en garde-à-vue parce qu’il a annoncé qu’il avait institué un tribunal populaire le 21 mars, «lequel a condamné à mort des responsables politiques de ce pays», a précisé le ministre.
M. Rutamucero, président de l’organisation tutsie PA (Puissance d’autodéfense) - Amasekanya, qualifiée d’extrémiste par les autorités, avait déclaré le 21/05 qu’un «tribunal populaire s’était réuni et avait condamné à mort le bureau politique du parti (hutu) Frodebu pour le génocide des tutsis d’octobre 1993».
L’assassinat de Melchior Ndadaye, un Hutu, premier président démocratiquement élu au Burundi le 21 octobre 1993, a entraîné le massacre de Tutsis par les Hutus, suivi par une sanglante repression de l’armée, dominée par les Tutsis.
Depuis, la guerre civile qui oppose l’armée à des mouvements rebelles hutus a déjà fait quelque 300.000 morts, essentiellement des civils, selon les Nations Unies.
«C’est un cas extrême de subversion car, en créant ce tribunal, M. Rutamucero a voulu livrer ces personnes à la vindicte populaire», a estimé le ministre de l’Intérieur.
Le nouveau président burundais, Domitien Ndayizeye, un Hutu, qui a remplacé le Tutsi Pierre Buyoya le 30 avril dernier, en vertu d’un accord de transition, fait partie des personnes condamnées à mort par ce tribunal.


Sommaire BURUNDI

Sommaire Home Page