N° 274
du 16/07/2003

Burundi


Lourd bilan après l’offensive
des rebelles des FNL sur Bujumbura et sa périphérie
Au moins 310 rebelles et 15 soldats tués

Au total, l’armée gouvernementale a dénombré la mort de 310 rebelles des Forces nationales de libération (FNL) et de 15 soldats à Bujumbura et dans ses environs depuis le lancement, le 7 juillet, de la plus vaste offensive rebelle sur la capitale.
Selon le général Samuel Gahiro, commandant de la Ière région militaire (ouest), plus de 250 rebelles ont été blessés lors de cette offensive dont le bilan des victimes civiles sera aussi sans doute très lourd.
Les combats ont pris fin le soir du 11 juillet quand l’armée a pu repousser les rebelles hors des quartiers sud de la capitale.
Les combats se sont toutefois poursuivis dans Bujumbura rural, alors que quelque 40.000 civils ont fui les collines à l’ouest de la capitale, d’où les rebelles Hutu des FNL ont lancé leur offensive.

Malgré cette situation, le président Domitien Ndayizeye s’est dit toujours favorable à des négociations : «La première solution que nous favorisons aujourd’hui, ce sont les négociations, mais comme vous le savez, on conclut un accord à deux», a-t-il déclaré à son retour d’une tournée européenne.
Le président Ndayizeye réagissait à la proposition du président ougandais, Yoweri Museveni, d’envoyer des troupes au Burundi avec un mandat d’intervention plus étendu pour mettre fin aux attaques des rebelles des FNL.
«Ces affrontements doivent cesser. La région a déjà connu sept années de guerre, et maintenant un groupe vient semer la pagaille, nous ne pouvons pas accepter ça», avait déclaré M. Museveni à l’issue de discussions avec le vice-président sud-africain Jacob Zuma, facilitateur dans le processus de paix au Burundi.

En attaquant massivement Bujumbura, les FNL ont voulu «alerter le monde», a déclaré leur porte-parole, Pasteur Habimana.
«Nous allons porter la guerre sur Bujumbura, jusqu’à ce que nos frères Tutsis acceptent de négocier directement avec nous», a-t-il également averti.
Les FNL d’Agathon Rwasa ont refusé jusqu’ici de négocier avec le gouvernement de transition qui, depuis 20 mois, a amorcé un partage du pouvoir entre Tutsis et Hutus.

Devant l’intensité des combats, l’ambassade américaine à Bujumbura a fait évacuer une partie de son personnel et recommandé à tous les ressortissants américains se trouvant au Burundi d’en partir.
Outre les Américains, plus de trente Français, vingt Belges, dix Italiens et quinze Allemands collaborant dans des ONG européennes ont quitté Bujumbura.


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