N° 286
du 20/01/2004
Burundi

Le Forum de Bruxelles promet 1,032 milliard de dollars d’aide au Burundi
Les participants au «Forum des partenaires au développement du Burundi» ont promis 1,032 milliard de dollars (810 millions d’euros) d’aide, selon le communiqué final de la conférence achevée le 14 janvier à Bruxelles. La présidence burundaise espérait une aide de 1,7 milliard de dollars. Présent à Bruxelles, le président Domitien Ndayizeye, a toutefois déclaré qu’il ressentait un «sentiment de grande satisfaction et de gratitude» à l’issue de la conférence.
L’aide promise sera étalée sur une période de trois ans.
Le forum, organisé par la Belgique et le PNUD, a réuni durant deux jours les principaux donateurs soutenant le processus de paix au Burundi.
Les fonds promis doivent permettre la relance du secteur socio-économique, la réforme des corps de défense et de sécurité, la réhabilitation des sinistrés et l’appui au budget et un «processus de suivi» veillera à ce que les fonds promis soient effectivement versés «le plus tôt possible», a expliqué le président Ndayizeye.
Au premier jour du forum, la Belgique a annoncé qu’elle allait allouer 35 millions d’euros d’aide au Burundi au cours des années 2004-2005.
L’Irlande, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, avait pour sa part promis 3 millions d’euros, tandis que la France débloquera 20 millions d’euros d’aide bilatérale en trois ans.
Par ailleurs, Paris «annulera à titre bilatéral le solde de ses créances d’aide publique au développement», ce qui «devrait porter sur un montant d’au moins 20 millions d’euros» supplémentaires, a indiqué le ministre français délégué à la Coopération et à la Francophonie, Pierre-André Wilzer.
En visite à Paris, le président burundais a souhaité que la France puisse faire «davantage» et que l’aide promise à Bruxelles, qui est conditionnée à un feu vert préalable du Fonds monétaire international (FMI), «arrive rapidement».
Le président Jacques Chirac, qui l’a reçu à l’Elysée, a assuré son homologue que la «France fera le maximum pour vous soutenir auprès des institutions financières internationales». «Vous pouvez être assuré de nos efforts pour la paix, en liaison avec la Belgique et l’Afrique du Sud», lui a-t-il déclaré au cours de leur entretien.

Les partis burundais «satisfaits» de l’aide promise, mais prudents

Les partis et l’ex-principal mouvement rebelle se sont dits «satisfaits», tout en restant «prudents», de l’aide promise par les donateurs internationaux.
L’engagement pris par la communauté internationale «est essentiel», a estimé Jean de Dieu Mutabazi, président du Frodebu. Cette aide «va nous permettre de consolider les avancées dans le processus de paix», s’est-il réjoui.
Mais, a-t-il ajouté : «nous espérons que ce ne sont pas uniquement des promesses».
La communauté internationale s’était déjà engagée en 2002 à accorder au Burundi environ 820 millions de dollars (649 millions d’euros). Mais jusqu’ici, aucun centime n’a été débloqué.
Elle avait conditionné le versement de cette aide à des progrès importants dans le processus de paix.
«Compte tenu des progrès faits sur la voie de la paix, nous espérons que cette fois la promesse sera tenue», a renchéri Gérard Nduwayo, le porte-parole du principal parti tutsi, l’Uprona.
«Nous pensons que cette fois ce sera la bonne, puisque les conditions de sécurité posées par la communauté internationale sont là», a estimé le porte-parole des FDD, le colonel Gélase Daniel Ndabirabe.
Si les partis et les FDD se disent satisfaits de l’aide promise, ils ont cependant chacun des priorités différentes pour son utilisation.
Pour le Frodebu, «la première priorité sera l’organisation d’élections pour doter le Burundi d’institutions élues, légitimes et représentatives».
Pour l’Uprona, la «priorité est la reconstruction du Burundi», dont l’économie «est au bord du gouffre». Enfin pour les FDD, «l’intégration» des ex-rebelles dans la nouvelle armée, prévue dans l’accord de paix de novembre, «doit venir en premier».

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