N° 287
du 03/02/2004

 

Burundi

Première rencontre entre le président Ndayizeye et des rebelles des FNL
La première rencontre entre le président burundais Domitien Ndayizeye et le dernier mouvement rebelle encore en guerre, a eu lieu entre le 18 et le 21 janvier, aux Pays-Bas.
«Je pense que quelque part les FNL ont avancé», a déclaré le président Ndayizeye à son retour à Bujumbura, après sa rencontre avec les rebelles des Forces nationales de libération (FNL).
Ibrahim Ntakirutimana, chef de la délégation des FNL, et présenté comme le chef d’état-major de ce mouvement originaire de la communauté Hutue, majoritaire dans le pays, a affirmé que les rebelles ont obtenu l’accord du président pour une rencontre avec des personnalités tutsies, leur préalable à de véritables négociations de paix. Ils estiment que les Tutsis dirigent l’armée. «Si nous rencontrons les leaders Tutsis, on peut envisager que l’étape suivante soit de négocier avec le gouvernement», a en effet déclaré M. Ntakirutimana.
Cette version, qui ne figure pas dans le communiqué final de la rencontre aux Pays-Bas, a été démentie de source gouvernementale à Bujumbura.
«C’est faux, M. Ndayizeye s’est évertué à leur expliquer l’inanité d’une telle démarche, il n’y est pas encore parvenu mais il espère y arriver lors de leur prochaine rencontre», a déclaré un membre de la délégation présidentielle, sous couvert de l’anonymat.
Les FNL avaient refusé jusqu’ici tout contact avec le gouvernement de transition.
«En rencontrant le président Ndayizeye qui est un Hutu, les FNL reconnaissent de facto les institutions de transition qu’il dirige, même s’ils continuent à exiger des négociations avec les Tutsis», a estimé Jean de Dieu Mutabazi, porte-parole du principal parti hutu, le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu).
La transition institutionnelle au Burundi, lancée le 1er novembre 2001, s’est accélérée fin 2003 avec l’entrée au gouvernement, et dans l’état-major de l’armée, de l’ancien plus grand mouvement rebelle du pays, les Forces pour la défense de la démocratie (FDD),
Le président Ndayizeye et les FNL sont au moins convenus de poursuivre sans tarder les discussions en vue de «la conclusion d’un accord global de cessez-le-feu» et «d’arrêter la violence sur le terrain afin de construire un climat de confiance favorable au dialogue», selon leur communiqué final aux Pays-Bas.
Mais malgré cet accord de principe sur une nouvelle rencontre, le président Ndayizeye a reconnu qu’il n’est pas parvenu à convaincre les FNL de négocier directement avec le gouvernement de Bujumbura.

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