N° 288
du 17/02/2004


Burundi

Arrestation d’un rebelle impliqué dans l’assassinat du nonce
L’armée a arrêtéle 3 février un rebelle des Forces nationales de libération (FNL) qui serait impliqué dans l’assassinat de l’ambassadeur du Vatican au Burundi, tué le 29 décembre près de Bujumbura, mais la rébellion a qualifié de «montage» cette interpellation. Il s’agit de la première arrestation dans l’enquête sur l’assassinat du nonce apostolique, Mgr Michael Courtney.
Dieudonné Hakizimana «appartient aux FNL et a été arrêté en milieu de semaine passée dans la zone où a eu lieu l’embuscade qui a coûté la vie à Mgr Courtney», a déclaré un porte-parole adjoint de l’armée, le commandant Adolphe Manirakiza. «Il a avoué avoir participé à cette embuscade», a-t-il ajouté.
Accusées par l’armée, l’épiscopat et le président burundais Domitien Ndayizeye d’être responsables de l’assassinat du nonce, les FNL ont toujours nié.
«Nous ne connaissons pas ce Dieudonné, il s’agit d’un montage pour nous faire endosser cet acte odieux», a réagi le porte-parole du mouvement, Pasteur Habimana. «C’est l’armée qui a tué le nonce, et nous pourrons le démontrer», a-t-il encore affirmé, sans toutefois donner plus de précisions.
Dieudonné Hakizimana, âgé d’une vingtaine d’années, a été soigné à l’hôpital militaire de Bujumbura pour une blessure à la jambe. Il a été blessé le 27 janvier dans la zone de Minago (40 km au sud de Bujumbura) lors de combats entre des soldats et les FNL, selon l’armée.
«Personne ne nous avait donné la mission de tuer le nonce apostolique», a affirmé à l’AFP Dieudonné Hakizimana, en présence de militaires. Les FNL avaient monté ce 29 décembre une embuscade près de Bujumbura pour piller les voyageurs, un acte de banditisme répandu au Burundi, a-t-il expliqué.
«Nous avons arrêté plusieurs véhicules (...) et lorsqu’une voiture a refusé de s’arrêter, quatre ont tiré», a-t-il ajouté, affirmant qu’il ne faisait pas partie de ces derniers.
«Lorsque nous sommes arrivés à notre camp, c’était la consternation. On nous a dit qu’on avait tué le représentant du pape au Burundi», a-t-il poursuivi, précisant qu’»aucune sanction» n’avait été prise contre lui et ses compagnons.
Si cette thèse était confirmée, il s’agirait d’un meurtre et non d’un assassinat, dans la mesure où cet acte n’aurait pas été prémédité.
Le nonce circulait dans une voiture avec un drapeau papal et une plaque d’immatriculation diplomatique quand il a été abattu. Mais Dieudonné Hakizimana a affirmé «ne rien connaître à ces histoires de plaques et de drapeaux». «Ce que nous avons vu, c’est une belle voiture. On a cru que c’était un colonel qui refusait de s’arrêter et on a tiré», a encore affirmé Dieudonné Hakizimana.

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