N° 288
du 17/02/2004

Burundi

Le gouvernement appelle
à un sommet régional après la fin d’un ultimatum aux rebelles
Le gouvernement a appelé le 16 février à la tenue d’un sommet régional après l’expiration, le même jour, de l’ultimatum de trois mois lancé par des chefs d’Etat africains aux FNL (Forces nationales de libération) pour s’asseoir à la table des négociations.
«Aujourd’hui, les trois mois sont écoulés. Il appartient à la région d’organiser un sommet des chefs d’Etat et de constater que les FNL ont renoncé aux négociations avec le président Domitien Ndayizeye», a déclaré le ministre des Relations extérieures, Thérence Sinunguruza. «Au cours de ce sommet, on va demander à la région de constater le refus persistant des FNL de négocier avec le gouvernement et donc de prendre les dispositions appropriées. En attendant ce sommet, le gouvernement reste ouvert à une reprise de négociations avec ce mouvement», a-t-il ajouté.
Le 16 novembre, à Dar es-Salaam (Tanzanie), des dirigeants africains de la région avaient donné trois mois aux FNL pour entamer des discussions de paix avec les autorités du Burundi.
Le même jour, les Forces de défense pour la démocratie (FDD), alors le principal mouvement rebelle au Burundi, avaient signé un accord de paix global avec le gouvernement. Les FNL étaient ainsi devenues le dernier mouvement rebelle encore en guerre contre l’armée.
«Après l’expiration de ce délai (de trois mois), et en cas de refus catégorique de rejoindre le processus de paix, le peuple burundais, l’Initiative régionale pour le Burundi et l’Union africaine (UA) le considérera (le mouvement des FNL) comme une organisation qui est contre la paix et la stabilité au Burundi et il sera traité comme tel», avaient déclaré les dirigeants de la région qui n’avaient cependant pas précisé le type de sanctions envisagées à l’égard des FNL.
Du 18 au 21 janvier, le président burundais avait rencontré pour la première fois des responsables des FNL. Aucune des deux parties n’avait considéré cette rencontre historique comme le début de négociations de paix en tant que telles, mais elles avaient convenu de se retrouver dans un bref délai.
Toutefois, les FNL ont annoncé le 13 février qu’elles refusaient de rencontrer à nouveau le président burundais, car, selon elles, M. Ndayizeye n’a pas tenu sa promesse faite «en secret» d’un arrêt des hostilités. «C’est le président Ndayizeye qui est responsable de l’arrêt de nos rencontres», a déclaré le porte-parole des FNL, Pasteur Habimana, ajoutant toutefois : «Il ne tient qu’à lui pour qu’elles reprennent».

Depuis plus d’un mois, l’armée et les FDD ont lancé une offensive sur plusieurs positions des FNL. Le 11 février, dix rebelles des FNL et un soldat ont été tués dans l’ouest du pays.
Par ailleurs, les rebelles des FNL ont nié toute responsabilité dans le tir de mortiers qui a tué un civil dans la capitale, Bujumbura, le 12 février. L’armée et la population avaient accusé plus tôt dans la journée, les FNL d’avoir tiré six obus de mortier sur un quartier de l’est de Bujumbura, Gihosha, faisant un mort et de légers dégâts matériels.
«Ce ne sont pas les FNL qui ont tiré sur Bujumbura, il faut voir du côté des FDD et de l’armée, qui sont également dans la province de Bujumbura rural», a réagi un porte-parole des FNL.

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