N° 291
du 06/04/2004


Burundi

Première concession du président Ndayizeye à «l’équilibre ethnique»
Le président Domitien Ndayizeye a fait une concession à «l’équilibre ethnique» en acceptant le 1er avril qu’un seul vice-président, au lieu des deux prévus dans l’avant-projet de Constitution, épaule le premier président qui sera élu après la période de transition, dont la fin est prévue le 31 octobre.
«Ma position est que le président de la République soit élu au suffrage universel, sauf pour le premier mandat, où il sera élu par le Parlement, et qu’il soit secondé par un seul vice-président, issu d’une ethnie différente», a déclaré M. Ndayizeye à Bujumbura devant le forum chargé d’étudier l’avant-projet de Constitution de l’après-transition.
Il s’est ainsi démarqué de l’avant-projet de Constitution, rédigé par le gouvernement. Ce texte prévoyait en effet que le président du Burundi serait élu au suffrage universel direct, sauf pour le premier mandat de l’après-transition, et nommerait deux vice-présidents, un Hutu et un Tutsi.
M. Ndayizeye, un Hutu, a expliqué s’être rallié au souhait quasi unanime du forum, pour «assurer l’équilibre ethnique à la tête de l’exécutif». Ce forum réunit 24 partis politiques et six ex-mouvements rebelles hutus.
Les ex-rebelles hutus des Forces pour la défense de la démocratie (FDD) sont eux opposés au report du recours au suffrage universel pour l’élection du président.
«Il faut un président élu par le peuple dès 2004, secondé par un Premier ministre issu du parti majoritaire à l’Assemblée nationale», a fait valoir leur représentant au forum, Gervais Rufyikiri.
Les partis tutsis ont protesté, accusant les ex-rebelles des FDD de vouloir exclure la minorité tutsie du pouvoir.
L’avant-projet de Constitution prévoit aussi que les membres de l’Assemblée nationale seront élus au suffrage universel direct. Les différentes listes de candidats doivent intégrer Hutus et Tutsis, et une liste ne doit pas comporter plus de deux tiers de candidats de la même ethnie.
Le Sénat, dont les membres seront élus au suffrage universel indirect, sera partagé à 50/50 entre Hutus et Tutsis, selon l’avant-projet constitutionnel.
Les Tutsis réclament la reconduction du partage ethnique du pouvoir dans les institutions de transition, en place depuis 2001, en vertu duquel la majorité hutue (85% de la population) détient la présidence ainsi que 60% des postes gouvernementaux et des sièges de l’Assemblée nationale. La minorité tutsie (14%) occupe la vice-présidence et 40% des portefeuilles gouvernementaux et des sièges de députés.

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