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Le Cameroun affiche depuis
peu un bilan économique en amélioration,
après quinze années de crise. Depuis 1985,
dernière année où le champagne coulait
encore à flots à Yaoundé dans
l'inconscience ambiante, le pays avait
régressé sur tous les plans au point de
devenir en octobre 2000 éligible à
l'initiative de réduction de la dette pour les pays
les plus pauvres et très endettés (PPTE), ce
qui lui permettra de bénéficier d'un programme
d'allégement de sa dette de l'ordre de 2 milliards de
dollars. L'année 2000 aura été de loin la
plus faste depuis longtemps pour ce pays de 14 millions
d'habitants, qui dispose pourtant d'une importante
façade maritime, d'une agriculture d'exportation et
de richesses minières. Pour la première fois depuis une décennie,
le Cameroun a réussi à achever un programme
d'ajustement avec le FMI (juillet 97/juin 2000). Ce
programme d'ajustement (FASR) visait à
rétablir les grands équilibres
économiques et financiers, en augmentant notamment
les recettes fiscales, en menant une politique de
réforme structurelle, le tout accompagné d'un
programme de privatisations. Reste que cette embellie ne s'est pas encore vraiment
concrétisée pour l'homme de la rue. Les
fonctionnaires camerounais avaient été
particulièrement frappés, une première
fois avec la dévaluation du FCFA en 1994, puis par
une diminution de leur salaire de l'ordre de 75 %. Il leur
faudra sans doute attendre encore longtemps avant de
retrouver leur niveau de vie d'il y a dix ans. Mais
malgré tout, le gouvernement s'est permis une petite
revalorisation des salaires l'an dernier, et le FMI a
donné son feu vert pour une augmentation globale de
10 % de la masse salariale des fonctionnaires dans le budget
2000/20001. Tout n'est toutefois pas encore parfait. Le Cameroun pèche encore par une étonnante incapacité à exécuter correctement les budgets d'investissements publics par exemple. Pour mener à bien le moindre projet, on en reste encore au stade du parcours du combattant, avec une multitude de visas et autres procédures complexes qu'il faut bien souvent monnayer pour "faire avancer son dossier". A titre d'exemple, le budget d'investissement public de l'exercice 98/99 n'a pu être exécuté qu'à hauteur de 40 % Un mieux en 99/2000, ce budget ayant été exécuté à près de 60 %. Reste aussi à régler la question de la transparence dans la passation des marchés publics. Toujours sous la pression des bailleurs, Yaoundé a accepté la présence d'observateurs indépendants dans la commission d'attribution des marchés publics. Ces observateurs seront très certainement recrutés dans des cabinets d'audit étrangers. Autant d'améliorations progressives qui se sont
concrétisées dans les chiffres du budget
2000/2001 qui s'est élevé en recettes à
1 476 milliards de FCFA dont 271 milliards de recettes
pétrolières. Le budget d'investissement public
a lui aussi été revu à la hausse,
passant de 260 milliards de FCFA en 99/2000 à 339
milliards de FCFA pour l'exercice en cours, l'année
fiscale camerounaise courant de juillet à juin. Yaoundé, R-J.L. | ||||
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