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Les
délégués au dialogue intercongolais,
réunis en convention nationale à Brazzaville,
ont approuvé le 12 avril par acclamation le projet de
constitution élaboré par le gouvernement
à l'issue de débats pendant lesquels
l'opposition a adopté un profil bas.
Ce projet de Loi fondamentale, qui selon un calendrier
officiel doit être soumis à
référendum d'ici la fin 2001, prévoit
un régime présidentiel avec un chef de l'Etat
élu au suffrage universel direct pour sept ans. Le
mandat est renouvelable une fois.
Selon le projet, le président est le seul
détenteur du pouvoir exécutif: il est
également chef du gouvernement et les ministres sont
responsables devant lui.
Le pouvoir législatif est confié à un
Parlement bicaméral (sénat et
Assemblée). Le texte proscrit la motion de censure.
Le président de la République ne peut
dissoudre l'Assemblée nationale qui en retour ne peut
le démettre.
Avant l'ouverture de la convention nationale - seconde phase
du dialogue intercongolais - l'opposition avait
sévèrement critique ce projet, estimant qu'il
risquait d'introduire au Congo une "monarchie
républicaine ou une dérive totalitaire".
Les délégués de l'opposition n'ont
pourtant pas pris la parole à la tribune de la
convention, lors des débats dirigés par
Jean Ping, ministre gabonais des Affaires
étrangères, représentant le
président Omar Bongo médiateur dans le
conflit congolais.
"On ne peut pas changer une seule ligne du projet de la
nouvelle constitution. Tout était ficelé. Nous
sommes venus pour prendre date avec l'histoire", a
déclaré Martial De Paul Ikounga, ancien
ministre de l'Education nationale sous le régime
déchu de Pascal Lissouba. M. Ikounga appartient au
principal mouvement de l'opposition en exil, le Front
patriotique pour le dialogue et la réconciliation
nationale, qui comme l'opposition intérieure avait
boycotté la première phase du dialogue,
consacrée à des débats sur le projet
constitutionnel.
Le premier vice-président du Front, Jean-Michel
Bokamba Yangouma, a d'ailleurs admis l'impuissance de
son mouvement à modifier le projet de constitution
pour n'avoir pas participé à ces
débats.
Ce "dialogue" visait à sceller la
réconciliation nationale après les trois
guerres civiles qui ont ensanglanté le pays en 1993,
1997 et 1998-99 lors de combats opposants les milices des
partis politiques.
Au nom du front des exilés, M. Bokamba Yangouma a
présenté des "excuses" et demandé
"pardon" au peuple congolais pour les violences et les
exactions subies par la population.
La convention a été signée par les
présidents Sassou Nguesso et Bongo, ainsi que
par tous les participants au dialogue, par plusieurs
délégations ministérielles africaines,
le secrétaire général de l'organisation
de la Francophonie, Boutros Boutros Ghali, et un
représentant de l'organisation de l'unité
africaine (OUA) ainsi que des chefs traditionnels congolais.
Bongo demande aux Congolais de tourner le dos à
la haine
Le président gabonais Omar Bongo, médiateur
dans le conflit congolais, a invité les Congolais
à tourner le dos à la "haine et à la
vengeance" et à "oublier le passé".
"Libérez-vous de l'orgueil. Libérez-vous de la
peur de négocier qui est le reflet de
l'égoïsme. Le Congo a besoin de tous ses fils.
Le temps de la haine et de la vengeance est révolu",
a insisté M. Bongo qui a mené en 1993, 1997 et
1999 des médiations pour trouver une solution
pacifique aux différentes guerres au Congo.
De son côté, le président congolais
Denis Sassou Nguesso a lancé un appel à la
communauté internationale pour aider son pays
à relancer l'économie, dévastée
par les trois guerres civiles successives, et le processus
démocratique interrompu par les violences.
Ouvert le 17 mars par M. Bongo, le dialogue, dont l'objectif
était de sceller la réconciliation nationale,
s'est déroulé en deux phases. Une
première du 22 au 26 mars a consisté en des
débats décentralisés dans les
régions et communes et une seconde du 11 au 14 avril
sous forme d'une convention.
L'opposition intérieure et une partie de l'opposition
en exil qui avaient boycotté la première phase
du dialogue ont ensuite rejoint les débats.
Condamnés par contumace par la justice congolaise,
l'ancien président Pascal Lissouba et son dernier
Premier ministre Bernard Kolélas, deux des principaux
protagonistes des conflits, n'avaient pas été
invités au forum.
M. Kolélas, qui réside au Mali, a tenté
sans succès de regagner Brazzaville, les
autorités congolaises ayant indiqué qu'elles
ne laisseraient pas l'avion qui devait le transporter se
poser s'il était à bord. M. Kolélas a
été depuis condamné à mort par
contumace par le régime du président Denis
Sassou Nguesso. Son retour à Brazzaville n'aurait
sans doute pas manqué de perturber les débats
et sans doute embarrasser Sassou Nguesso au moment où
l'ont débattait de réconciliation nationale.
La clôture du dialogue a été suivie
d'une cérémonie de "flamme de la paix" au
cours de laquelle les autorités militaires ont
brûlé près de 800 armes
récupérées auprès d'ex-miliciens
de tous les bords politiques: Cobras pour le pouvoir, Ninjas
de Kolélas et Cocoyes de Lissouba.
"Le Congo émerge du chaos. Le Congo a soif tant de
paix que de stabilité. Il a besoin du soutien de la
communauté internationale par l'aide à la
relance de l'économie et l'appui au processus
démocratique renaissant et à la bonne
gouvernance", a déclaré de son
côté M. Sassou Nguesso.
Selon un calendrier officiel, un référendum
sur le projet de nouvelle constitution aura lieu avant 2001,
suivi d'élections générales en 2002.
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