N° 234
du 03/09/2001

Congo


Disparus de guerre
L'enquête remontera à 1993

Une commission mise en place par le Conseil national de transition (CNT, Parlement provisoire), enquêtera sur les cas de disparitions de personnes lors des guerres civiles de 1993-1994, 1997 et 1998-1999.
Officiellement, ces conflits générés par des luttes pour le pouvoir ont fait des milliers de morts, de disparus et des destructions matérielles évaluées à plus de 1.500 milliards de francs CFA (2,29 milliards d'euros). Le nombre exact de disparus demeure inconnu.
Les combats ont pris fin après des accords signés en décembre 1999 entre l'armée et les factions armées proches de l'ancien régime de l'ex-président Pascal Lissouba.
La commission composée de 11 membres a été instituée sous la pression d'un Comité des familles de 353 personnes arrêtées en mai 1999 par les forces de sécurité et depuis portées disparues. Ces personnes avaient été arrêtées au port fluvial de Brazzaville et dans des sites d'accueil à leur retour d'exil de Kinshasa où elles s'étaient réfugiées pour fuir la guerre.
Le CNT a décidé d'étendre l'enquête à tous les cas de disparitions survenues entre 1992 et 1999 dans le but de faire la lumière sur les exactions commises durant la présidence Lissouba.
"Suite aux guerres civiles successives voulues, programmées, exécutées avec une froide détermination qui ont déchiré le Congo de 1993 à 1999, oeuvres d'un petit groupe d'hommes qui n'acceptaient pas la démocratie, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont trouvé la mort, d'autres forcés au déplacement. Le CNT n'entend pas laisser le silence étouffer les cris des victimes, encore moins occulter les actes barbares perpétrés pendant ces périodes", a déclaré le CNT dans un rapport approuvé en séance publique.
L'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH) a déjà mis en cause la partialité de cette commission parlementaire. "Nous ne reconnaissons pas cette commission parce qu'elle a été instituée par un Parlement partisan. Le CNT a été saisi d'une affaire précise à laquelle elle devait donner une réponse précise. Il a fait l'amalgame", a déclaré le porte-parole de l'OCDH, Roger Bouka-Owoko, en qualifiant la décision du Parlement de "mesure dilatoire".
L'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS - le parti de Lissouba) avait quant à elle réclamé une commission d'enquête internationale, en affirmant qu'il n'y avait pas eu de cas de disparitions sous son régime.


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