N° 244
du 06/02/2002

Congo


Le projet de constitution
adoptée par 84,26% des suffrages

Le projet d'une nouvelle constitution a été approuvé par 84,26% des suffrages exprimés selon les résultats complets du référendum communiqués par le ministère de l'Intérieur. Le "non" a recueilli 11,29% des votes.
La participation aurait été de 77,98%, selon le ministre de l'Intérieur, le général Pierre Oba.
Aucun observateur international n'a été invité par le gouvernement pour superviser le scrutin référendaire.
Le 21 janvier, au lendemain du référendum, un collectif d'organisations non-gouvernementales de défense des droits de l'homme et de développement démocratique (CDHD) a dénoncé des "irrégularités" dans son déroulement, soulignant qu'elles dénotaient "la volonté du pouvoir de Brazzaville de faire passer à tout prix son projet de constitution taillé sur mesure".
Le référendum sur le projet de la nouvelle constitution, qui s'est déroulé le 20 janvier, est la première étape de la relance du processus électoral qui mettra fin à la longue transition que dirige le général Denis Sassou Nguesso depuis près de cinq ans.
Au total, 1.633.518 électeurs se sont prononcés par "oui" ou par "non" sur le projet de la nouvelle constitution dans 3.224 bureaux de vote de l'ensemble du pays, sur un projet fortement contesté par l'opposition.
Elaboré par une commission mise en place par le gouvernement, le projet de réforme de la constitution n'avait pas donné lieu à des débats de fond.
Il avait été examiné pendant le dialogue inter-congolais de mars et avril 2001 et les participants à ce dialogue, pour la plupart issus des partis proches du pouvoir, avaient approuvé le texte sans y apporter des amendements de fond.
 
La nouvelle constitution institue un régime présidentiel. Le président de la République - élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois - est l'unique détenteur du pouvoir exécutif. Il nomme les ministres et les démet.
Le projet institue également un Parlement bicaméral avec une Assemblée nationale et un Sénat.
Pour prévenir des crises institutionnelles, le président de la République n'a pas le pouvoir de dissoudre l'Assemblée qui en retour ne peut le démettre.
Les partis d'opposition ont unanimement dénoncé cette constitution, mais ne sont jamais parvenus à une position commune sur le vote.
Une dizaine de ces partis ont prôné le boycottage estimant que le projet de constitution pourrait instaurer une monarchie au Congo.
" Avec 84,26% pour un taux de participation de 77,98%, la constitution de janvier dernier, taillée sur mesure, possède tous les germes d'une instabilité chronique du pays. " a estimé par ailleurs l'opposition en exil sur son site internet. Une partie de ces opposants congolais considère même que "la Loi suprême dûment adoptée par tous les partis politiques et les forces vives le 15 Mars 1992 reste donc en vigueur. "


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