N° 245
du 28/02/2002

Congo


Election présidentielle contestée
Sassou Nguesso part gagnant faute d'adversaires sérieux

Le président Sassou Nguesso aurait pu avoir au mieux comme adversaire l'ancien ministre Martin Mbéri, pour crédibiliser l'élection présidentielle dont le premier et sans doute unique tour aura lieu le 10 mars. Ce ne sera même pas le cas et il n'est même plus certain que l'ancien président de l'Assemblée nationale, André Milongo, maintienne sa candidature jusqu'au bout.
La plupart des opposants, même ceux qui s'étaient déclarés candidats à ce scrutin ont dénoncé l'illégalité du scrutin présidentiel qui selon eux "ne tire sa légitimité ni de la constitution issue du référendum du 20 janvier 2002, (...) ni de l'acte fondamental qui régit la période de transition depuis le 24 octobre 1997" et "qui ne fait aucune mention de disposition relative à l'élection présidentielle".
Cette élection a été précédée d'un référendum sur le projet de la nouvelle constitution le 20 janvier 2002, approuvé à 84,5% par les électeurs. Mais le référendum a été entaché de dysfonctionnements qui ont failli porter atteinte à sa régularité.
Fin février, après le désistement de Martin Mbéri, ancien ministre de l'Intérieur du président Pascal Lissouba et du général à la retraite, Anselme Mackoumbou-Nkouka, pour protester contre l'absence de transparence, il ne restait donc que sept candidats encore en lice : la présidente des partis des pauvres, Angèle Bandou, le président de la convention républicaine des libéraux, Bonaventure Mizidy, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, qui voulait se présenter sous l'étiquette de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale de l'ancien président déchu Pascal Lissouba, mais qui a aussitôt été exclu de ce parti, le président sortant, le général Denis Sassou Nguesso, Jean Félix Demba Ntelo, qui a démissionné du RDPS, le Rassemblement pour la démocratie et le progrès social de l'ancien maire de Pointe-Noire, Jean Pierre Thystère Tchicaya qui, lui, a apporté son soutien à Sassou Nguesso, Luc Daniel Adamo Mateta, un pasteur protestant, et l'ancien président de l'Assemblée nationale, André Milongo.
Autant dire que ce scrutin est gagné d'avance par le président sortant, d'autant que ni l'ancien Premier ministre Bernard Kolélas, ni l'ancien président Pascal Lissouba, n'ont pu se présenter, tous deux ayant été condamnés par contumace par la justice congolaise et vivent en exil en Europe.
La candidature du président Sassou Nguesso a été soutenue par une cinquantaine de partis et 250 associations.


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