N° 245
du 28/02/2002

Congo


Denis Sassou Nguesso

Le président sortant, Denis Sassou Nguesso, qui est sûr d'être élu à l'élection présidentielle du 10 mars, est un militaire rompu à la politique qui a dirigé à deux reprises son pays, de 1979 à 1992 sous le régime du parti unique et depuis son retour au pouvoir par les armes, en 1997.
Agé de 59 ans, le général Sassou Nguesso, originaire du nord du pays, s'est engagé en 1961 dans l'armée congolaise. Dès lors son histoire personnelle va souvent croiser celle, troublée et violente, de son pays.
En 1964, il sort lieutenant de l'école d'infanterie de Saint-Maixent, en France, l'ancienne puissance coloniale avec laquelle il veillera toujours à conserver d'étroites relations.
Dès août 1963, alors adepte du marxisme-léninisme, il avait activement participé au soulèvement qui avait renversé le régime de l'abbé Fulbert Youlou. Cinq ans plus tard, il est de nouveau en première ligne dans le mouvement insurrectionnel qui porte au pouvoir le commandant Marien Ngouabi.
L'officer parachutiste prend alors la direction des services de sécurité, "la sécurité d'Etat", ministre de la Défense.
Militaire et homme de renseignement, il devient également un idéologue du régime: en 1969, il est co-fondateur du Parti congolais du travail (PCT), avec notamment Martin Mbéri, candidat jusqu'à son retrait pour protester contre le manque de "transparence" du scrutin.
Son ascension au sein de l'armée, des services de sécurité et du parti le conduit le 5 février 1979 à la présidence du Congo. Il succède au président Joachim Yhombi-Opango, contraint à la démission.
Pragmatique, dès son arrivée à la tête du pays, M. Sassou Nguesso avait réussi de 1980 à 1984, alors qu'il se réclamait du marxisme-léninisme, à mettre en exécution un plan de développement régional dont l'objectif principal était de doter le Congo d'un réseau routier fiable. En moins de trois ans, près de 1000 km de routes ont été construits ainsi que des ponts.
Sur le plan africain, le général entretient des relations privilégiées avec les dirigeants des Mouvements de libération nationale et particulièrement avec le pouvoir angolais. L'armée cubaine est alors engagée avec les forces gouvernementales angolaises contre les rebelles de l'UNITA soutenus par le régime d'apartheid sud-africain.
Ainsi, il réunit, pour la première fois en 1988, face à face, à Brazzaville, des représentants du régime d'apartheid et de l'Angola pour discuter de la paix en Afrique australe.
Il tisse également un réseau de relations au sein des chefs d'Etat des pays francophones. Il est notamment le beau-père des doyens des présidents d'Afrique centrale, le Gabonais Omar Bongo.
Dans le vent de la "démocratisation" qui souffle sur le continent, le pluralisme est restauré à Brazzaville par son régime.
Cela se traduit pour lui par une défaite à la première élection présidentielle pluraliste, en 1992, face à l'un de ses anciens rivaux, Pascal Lissouba, longtemps exilé en France.
Sur fond de contestation des différents scrutins qui suivent la présidentielle, le Congo va s'enfoncer dans un cycle de violences marquées par trois guerres civiles successives en une décennie.
En 1997, à l'issue de cinq mois de guerre civile qui ont permis à ses miliciens de vaincre ceux de M. Lissouba, avec le soutien décisif de l'armée angolaise intervenue à ses côtés, le général Sassou Nguesso reprend les rênes du pouvoir à Brazzaville, dévastée par les combats.
Le pays n'est pas pour autant pacifié et un nouveau conflit, marqué par des exactions contre les populations, éclate fin 1998. Les forces du général Sassou Nguesso gagnent cette dernière guerre, toujours avec l'appui de l'Angola. Le président s'était dans la foulée engagé à organiser de nouvelles élections. (avec AFP)


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