- Le président
sortant, Denis Sassou Nguesso, qui est sûr
d'être élu à l'élection
présidentielle du 10 mars, est un militaire rompu
à la politique qui a dirigé à deux
reprises son pays, de 1979 à 1992 sous le
régime du parti unique et depuis son retour au
pouvoir par les armes, en 1997.
- Agé de 59 ans, le général Sassou
Nguesso, originaire du nord du pays, s'est engagé
en 1961 dans l'armée congolaise. Dès lors
son histoire personnelle va souvent croiser celle,
troublée et violente, de son pays.
- En 1964, il sort lieutenant de l'école
d'infanterie de Saint-Maixent, en France, l'ancienne
puissance coloniale avec laquelle il veillera toujours
à conserver d'étroites relations.
- Dès août 1963, alors adepte du
marxisme-léninisme, il avait activement
participé au soulèvement qui avait
renversé le régime de l'abbé Fulbert
Youlou. Cinq ans plus tard, il est de nouveau en
première ligne dans le mouvement insurrectionnel
qui porte au pouvoir le commandant Marien Ngouabi.
- L'officer parachutiste prend alors la direction des
services de sécurité, "la
sécurité d'Etat", ministre de la
Défense.
- Militaire et homme de renseignement, il devient
également un idéologue du régime: en
1969, il est co-fondateur du Parti congolais du
travail (PCT), avec notamment Martin Mbéri,
candidat jusqu'à son retrait pour protester
contre le manque de "transparence" du scrutin.
- Son ascension au sein de l'armée, des services
de sécurité et du parti le conduit le 5
février 1979 à la présidence du
Congo. Il succède au président Joachim
Yhombi-Opango, contraint à la démission.
- Pragmatique, dès son arrivée à
la tête du pays, M. Sassou Nguesso avait
réussi de 1980 à 1984, alors qu'il se
réclamait du marxisme-léninisme, à
mettre en exécution un plan de
développement régional dont l'objectif
principal était de doter le Congo d'un
réseau routier fiable. En moins de trois ans,
près de 1000 km de routes ont été
construits ainsi que des ponts.
- Sur le plan africain, le général
entretient des relations privilégiées avec
les dirigeants des Mouvements de libération
nationale et particulièrement avec le pouvoir
angolais. L'armée cubaine est alors engagée
avec les forces gouvernementales angolaises contre les
rebelles de l'UNITA soutenus par le régime
d'apartheid sud-africain.
- Ainsi, il réunit, pour la première fois
en 1988, face à face, à Brazzaville, des
représentants du régime d'apartheid et de
l'Angola pour discuter de la paix en Afrique australe.
- Il tisse également un réseau de
relations au sein des chefs d'Etat des pays francophones.
Il est notamment le beau-père des doyens des
présidents d'Afrique centrale, le Gabonais Omar
Bongo.
- Dans le vent de la "démocratisation" qui
souffle sur le continent, le pluralisme est
restauré à Brazzaville par son
régime.
- Cela se traduit pour lui par une défaite
à la première élection
présidentielle pluraliste, en 1992, face à
l'un de ses anciens rivaux, Pascal Lissouba, longtemps
exilé en France.
- Sur fond de contestation des différents
scrutins qui suivent la présidentielle, le Congo
va s'enfoncer dans un cycle de violences marquées
par trois guerres civiles successives en une
décennie.
- En 1997, à l'issue de cinq mois de guerre
civile qui ont permis à ses miliciens de vaincre
ceux de M. Lissouba, avec le soutien décisif de
l'armée angolaise intervenue à ses
côtés, le général Sassou
Nguesso reprend les rênes du pouvoir à
Brazzaville, dévastée par les combats.
- Le pays n'est pas pour autant pacifié et un
nouveau conflit, marqué par des exactions contre
les populations, éclate fin 1998. Les forces du
général Sassou Nguesso gagnent cette
dernière guerre, toujours avec l'appui de
l'Angola. Le président s'était dans la
foulée engagé à organiser de
nouvelles élections. (avec AFP)
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