N° 246
du 14/03/2002

Congo


Une mission de l'OUA souligne
"l'engouement des Congolais à voter"

"Nous soulignons l'engouement de la population à voter ainsi que l'atmosphère de sérénité qui a prévalu pendant le processus électoral et le déroulement du scrutin du dimanche 10 mars", a déclaré à le chef de la mission d'observation de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le Camerounais Victor Tjomatchouan Toko.
La mission de l'OUA, outre M. Tjomatchouan Toko, comptait un Tunisien, un Nigérien, un Rwandais et un Djiboutien.
Parmi ces éléments critiquables, les représentants de l'OUA ont relevé, dans un communiqué, "la non-clarté, l'interférence et les insuffisances de certains textes juridiques régissant les élections, qui donnent lieu à des interprétations diverses", ainsi que "le retard dans l'envoi des documents électoraux qui a entraîné des difficultés de déploiement des délégués candidats dans les bureaux de vote".
La mission de l'OUA a en revanche valorisé "le sens des responsabilités de l'ensemble des acteurs impliqués dans les élections qui a permis aux électeurs de s'exprimer librement".
Comme l'Union européenne et la Francophonie, qui ont envoyé des missions d'observation à l'occasion du scrutin présidentiel, l'OUA s'est déclaré prête "à accompagner le Congo-Brazzaville pour les échéances à venir de son processus électoral". Mais, pour Joaquim Miranda, chef de la Mission d'observation de l'Union européenne pour l'élection présidentielle au Congo, c'est au sujet des taux de participation que les observateurs de l'UE ont soulevé le plus d'interrogations.
Pour leur part, les observateurs de la Francophonie, qui ont déployé 8 équipes sur 250 bureaux, ont livré des premières impressions favorables quant aux conditions techniques et au déroulement du scrutin du 10 mars.
"Pour nous, cette élection qui s'est déroulée dans une bonne atmosphère, sereine, ne pose pas de problème de crédibilité", a commenté le chef de la délégation, Luan Rama.
Mais cette appréciation globale a été pondérée par une importante réserve à propos du recensement.
"Le recensement est incomplet, il faudra pour les échéances à venir le refaire complètement", a estimé Stanislas Zalinski, responsable de projet à la Délégation aux droits de l'Homme.
Avec cette critique, la Francophonie alimente le débat ouvert -avant même le début du recensement du 11 juin 2001- par les partis de l'opposition congolaise qui contestent la méthode et l'organisation employées par le gouvernement.
Ce dernier, qui a déclaré vouloir faire "un recensement administratif" destiné à reconstituer les monographies issues de la période de la colonisation, en était l'unique maître d'oeuvre, alors que l'opposition continue de réclamer "un recensement électoral" qui associerait, dans son organisation, le gouvernement, tous les partis politiques ainsi que la société civile.
M. Milongo avait appelé au boycottage de l'élection
 
Vendredi 8 mars, deux jours avant le vote, le principal candidat de l'opposition à cette élection, André Milongo, avait appelé ses partisans à boycotter le scrutin lors d'un meeting qui marquait la fin de sa campagne électorale.
"Je vous demande de ne pas aller voter dimanche parce que les conditions de transparence ne sont pas réunies", avait lancé M. Milongo à ses partisans.
Prié ensuite par les journalistes de préciser si cet appel signifiait le retrait de sa candidature, M. Milongo a simplement répondu: "Cela ne sert pas d'aller voter si les conditions de transparence ne sont pas remplies". Il avait également demandé la suspension du processus électoral.
Selon M. Milongo, l'opposition n'avait pas obtenu satisfaction à une série de revendications qu'elle avait soumises à la commission nationale d'organisation des élections (CONEL), notamment la reprise du recensement électoral, l'institution d'un bulletin unique, la présence des représentants de l'opposition au sein de la sous-commission chargée des opérations électorales et dans les bureaux de vote en qualité d'observateurs.
Avec le retrait de Milongo, les principaux opposants étaient absents de cette présidentielle.
L'ex-chef de l'Etat Pascal Lissouba et son dernier premier ministre Bernard Kolélas, écartés du pouvoir à l'issue de la guerre civile de 1997, n'ont pas été autorisés à se présenter. Les deux hommes ont été condamnés par contumace par la justice congolaise.
L'absence des dirigeants de l'opposition a donc réduit la portée politique du scrutin et limité son enjeu essentiellement au taux de participation.


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