- "Nous soulignons
l'engouement de la population à voter ainsi que
l'atmosphère de sérénité qui
a prévalu pendant le processus électoral et
le déroulement du scrutin du dimanche 10 mars", a
déclaré à le chef de la mission
d'observation de l'Organisation de l'unité
africaine (OUA), le Camerounais Victor Tjomatchouan Toko.
- La mission de l'OUA, outre M. Tjomatchouan Toko,
comptait un Tunisien, un Nigérien, un Rwandais et
un Djiboutien.
- Parmi ces éléments critiquables, les
représentants de l'OUA ont relevé, dans un
communiqué, "la non-clarté,
l'interférence et les insuffisances de certains
textes juridiques régissant les élections,
qui donnent lieu à des interprétations
diverses", ainsi que "le retard dans l'envoi des
documents électoraux qui a entraîné
des difficultés de déploiement des
délégués candidats dans les bureaux
de vote".
- La mission de l'OUA a en revanche valorisé "le
sens des responsabilités de l'ensemble des acteurs
impliqués dans les élections qui a permis
aux électeurs de s'exprimer librement".
- Comme l'Union européenne et la Francophonie,
qui ont envoyé des missions d'observation à
l'occasion du scrutin présidentiel, l'OUA s'est
déclaré prête "à accompagner
le Congo-Brazzaville pour les échéances
à venir de son processus électoral". Mais,
pour Joaquim Miranda, chef de la Mission d'observation de
l'Union européenne pour l'élection
présidentielle au Congo, c'est au sujet des taux
de participation que les observateurs de l'UE ont
soulevé le plus d'interrogations.
- Pour leur part, les observateurs de la Francophonie,
qui ont déployé 8 équipes sur 250
bureaux, ont livré des premières
impressions favorables quant aux conditions techniques et
au déroulement du scrutin du 10 mars.
- "Pour nous, cette élection qui s'est
déroulée dans une bonne atmosphère,
sereine, ne pose pas de problème de
crédibilité", a commenté le chef de
la délégation, Luan Rama.
- Mais cette appréciation globale a
été pondérée par une
importante réserve à propos du recensement.
- "Le recensement est incomplet, il faudra pour les
échéances à venir le refaire
complètement", a estimé Stanislas Zalinski,
responsable de projet à la
Délégation aux droits de l'Homme.
- Avec cette critique, la Francophonie alimente le
débat ouvert -avant même le début du
recensement du 11 juin 2001- par les partis de
l'opposition congolaise qui contestent la méthode
et l'organisation employées par le gouvernement.
- Ce dernier, qui a déclaré vouloir faire
"un recensement administratif" destiné à
reconstituer les monographies issues de la période
de la colonisation, en était l'unique maître
d'oeuvre, alors que l'opposition continue de
réclamer "un recensement électoral" qui
associerait, dans son organisation, le gouvernement, tous
les partis politiques ainsi que la société
civile.
- M. Milongo avait appelé au boycottage de
l'élection
-
- Vendredi 8 mars, deux jours avant le vote, le
principal candidat de l'opposition à cette
élection, André Milongo, avait
appelé ses partisans à boycotter le scrutin
lors d'un meeting qui marquait la fin de sa campagne
électorale.
- "Je vous demande de ne pas aller voter dimanche parce
que les conditions de transparence ne sont pas
réunies", avait lancé M. Milongo à
ses partisans.
- Prié ensuite par les journalistes de
préciser si cet appel signifiait le retrait de sa
candidature, M. Milongo a simplement répondu:
"Cela ne sert pas d'aller voter si les conditions de
transparence ne sont pas remplies". Il avait
également demandé la suspension du
processus électoral.
- Selon M. Milongo, l'opposition n'avait pas obtenu
satisfaction à une série de revendications
qu'elle avait soumises à la commission nationale
d'organisation des élections (CONEL), notamment la
reprise du recensement électoral, l'institution
d'un bulletin unique, la présence des
représentants de l'opposition au sein de la
sous-commission chargée des opérations
électorales et dans les bureaux de vote en
qualité d'observateurs.
- Avec le retrait de Milongo, les principaux opposants
étaient absents de cette présidentielle.
- L'ex-chef de l'Etat Pascal Lissouba et son dernier
premier ministre Bernard Kolélas,
écartés du pouvoir à l'issue de la
guerre civile de 1997, n'ont pas été
autorisés à se présenter. Les deux
hommes ont été condamnés par
contumace par la justice congolaise.
- L'absence des dirigeants de l'opposition a donc
réduit la portée politique du scrutin et
limité son enjeu essentiellement au taux de
participation.
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