N° 247
du 02/04/2002

Congo


Création d'une nouvelle alliance de l'opposition

Seize partis d'opposition se sont regroupés au sein d'une Convention pour la démocratie et le salut (CODESA) dans le but de remporter les élections législatives et locales de mai, ont annoncé ces partis le 29/03/2002 à Brazzaville.
Cette convention est dirigée par l'ancien président de l'Assemblée nationale, André Milongo, qui a boyccotté à la dernière minute la dernière élection présidentielle.
Dans une déclaration constitutive, les partis membres de la CODESA ont expliqué avoir créé cette alliance pour "offrir au peuple un choix clair entre le déclin inexorable et la renaissance nationale". Ils ont par ailleurs réclamé le report des élections législatives et locales prévues en mai et des sénatoriales programmées en juin afin que les listes électorales soient révisées dans tout le pays et publiées de manière "précoce" dans tous les bureaux de vote.
La CODESA estime que ce report permettra également de mettre en place une Commission nationale d'organisation des élections "consensuelle", en lieu et place de la commission créée par le gouvernement, qui est, selon eux, dominée par les partis proches du pouvoir.
"Compte tenu de la complexité de ces exigences, ainsi que du temps nécessaire à leur pleine réalisation, la CODESA ne peut que constater la nécessité du report des élections législatives, locales et sénatoriales", souligne la déclaration.
La CODESA regroupe l'Union pour la démocratie et la république (UDR-Mwinda de M. Milongo), le Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD de l'ancien Premier ministre Joachim Yhombi Opango), l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS de l'ancien président du conseil économique et social Jean Michel Bokamba Yangouma), la Convention nationale pour la démocratie et le développement (CNDD de l'ancien ministre des Travaux publics, Lambert Galibali), le Parti congolais pour le renouveau (PCR de l'ancien ministre de l'Agriculture, Grégoire Léfouoba) et la Convention nationale pour la république et la solidarité (CNRS de l'ancien ministre de la Construction, Martin Mbéri).
L'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS, de l'ancien président Pascal Lissouba) et le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI de l'ex-Premier ministre Bernard Kolélas) ne font pas partie de cette alliance.
Pour la CODESA, l'élection présidentielle du 10 mars et le référendum sur le projet de la nouvelle constitution du 20 janvier ont été entachés d'irrégularités.
"Si au nom de l'intérêt supérieur de la nation, l'opposition congolaise n'a pas contesté une élection présidentielle illégitime, truffée de fraudes, la CODESA n'entend pas accepter que la suite du processus électoral soit entachée des mêmes irrégularités", indique la déclaration.
M. Milongo, pour qui la nouvelle alliance vise à favoriser la "bonne gouvernance", a demandé aux électeurs congolais de donner à l'opposition une "majorité dans la nouvelle Assemblée" afin d'assurer l'équilibre des institutions après la victoire de Sassou Nguesso à l'élection présidentielle.


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