N° 248
du 18/04/2002

Congo


Affrontements entre miliciens ninjas et l'armée
dans la région du Pool et à Brazzaville

Ces affrontements opposent depuis le 29 mars les miliciens ninjas du pasteur Frédérik Bitsangou alias Ntumi aux forces gouvernementales dans le Pool.
Les Ninjas lancent des attaques sporadiques contre les positions des troupes régulières puis se retirent dans les collines ou les forêts. Ils évitent de garder les mêmes positions pour échapper aux pilonnages des hélicoptères de combat de l'armée.
Le calme est revenu à Brazzaville au milieu d'avril, notamment dans les quartiers sud où l'armée maintenait sa présence pour rechercher des miliciens ninjas qui s'y cacheraient.
Le mardi 9 avril, les habitants de Bacongo et Makélékélé se sont réfugiés dans les quartiers centre et nord après une fusillade consécutive à une opération des forces de l'ordre contre un groupe de miliciens.
L'opération était destinée officiellement à récupérer des armes de guerre détenues illégalement par des particuliers.
Les coups de feu ont été tirés dans le secteur ouest de Makélékélé alors qu'un groupe de ninjas regroupés au centre sportif de Makélékélé pour être ensuite caserné en vertu d'un accord avec les autorités congolaise s'est évadé.
Aucun bilan de cette fusillade n'a été rendu public.
Les tirs avaient provoqué une panique générale à Makélékélé et dans le quartier voisin de Bacongo.
Des pillages attribués à des militaires ont aussi eu lieu dans les quartiers sud. Des habitations et des commerces ont été pillés, particulièrement autour du marché Total à Bacongo.
 
Accalmie dans la région du Pool
 
Vers le 10 avril, les combats se sont également réduits dans la région du Pool, au sud du Congo, alors que des militaires sont arrivés en renfort dans la cité industrielle de Nkayi à plus de 300 km au sud-ouest de Brazzaville.
Selon des témoins, ces militaires devaient constituer une ceinture de sécurité à la limite de la région de la Bouenza et du Pool pour prévenir des infiltrations des Ninjas.
Les localités de la partie est du Pool et le chef-lieu, Kinkala, à 75 km de route de Brazzaville, ont été épargnés par les combats. Entre sept et huit miliciens Ninjas ont été faits prisonniers par les FAC et se trouvent à Kinkala.
Le secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), Amara Essy, a appelé au "calme" et à la "retenue" après ces violences, tandis que quatre partis de l'opposition congolaise ont demandé au gouvernement "l'arrêt immédiat des opérations militaires en cours dans la région du pool".
 
Rappel : des accords de paix signés en 1999 entre miliciens ninjas, cocoyes de l'ex-président Pascal Lissouba et troupes gouvernementales appuyées par les miliciens cobras avaient mis fin à la guerre civile de 1998-1999 dans la capitale et les régions sud et sud-ouest.
Ils avaient abouti à l'organisation en mars et avril 2001 d'un dialogue politique inter-congolais, auquel le pasteur "Ntumi" n'avait pas pris part, et à un programme de démobilisation des miliciens quelle que soit leur appartenance politique.
Le 21 mars, le ministre délégué Michel Ngakala a accusé le pasteur "Ntumi" de s'opposer à la démobilisation des ninjas dans le Pool et de réclamer un statut de général d'armée.
Absent de ces accords, le chef des ninjas, le pasteur Frédérik Bitsangou, dit "Ntumi", est resté retranché dans le Pool, région située au bord du fleuve Congo, avec un groupe de ninjas. Il a conditionné son retour dans la capitale à l'octroi d'un statut militaire avec un grade de haut rang, au départ des troupes angolaises du territoire congolais et à la promulgation d'une loi d'amnistie générale en faveur d'anciens dirigeants, tels l'ex-président Pascal Lissouba et son dernier Premier ministre Bernard Kolélas, tous exilés.
N'ayant pas obtenu satisfaction, le pasteur "Ntumi" a boudé le dialogue inter-congolais destiné à réconcilier les Congolais et à relancer le processus démocratique interrompu depuis la guerre civile de 1997 entre les partisans de MM. Lissouba et Kolélas et ceux de M. Sassou Nguesso.


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