N° 248
du 18/04/2002

Congo


Les "Ninjas"
une unité de miliciens créée par Bernard Kolélas

Les miliciens "Ninjas" qui ont relancé des attaques dans la région du Pool (sud) ont été créés lors de la guerre civile de 1993 au Congo-Brazzaville par l'ancien Premier ministre congolais Bernard Kolélas.
A l'époque, ces miliciens constituaient la première composante d'un groupe de partisans armés de l'opposition, la seconde étant constituée de miliciens "Cobras" du parti congolais du travail (PCT-ex parti unique) du général Denis Sassou Nguesso.
Les "Ninjas", soutenus par les "Cobras", ont affronté les troupes gouvernementales à Brazzaville après la contestation des résultats des élections législatives anticipées de 1993 par les partis d'opposition.
M. Kolélas avait justifié la création des "Ninjas" en réaction au pouvoir de l'époque dirigé par Pascal Lissouba qui avait constitué sa propre milice, appelée "Cocoye".
En 1995, M. Kolélas s'allie à M. Lissouba et devient son Premier ministre. Des représentants de son parti, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) intègrent le nouveau gouvernement d'union nationale.
En 1997, les "Ninjas" participent aux côtés des "Cocoyes" à la guerre civile contre les "Cobras" de Sassou Nguesso, dont les partisans remporteront la guerre avec le soutien des troupes angolaises. MM. Kolélas et Lissouba partent alors en exil.
Le départ de Bernard Kolélas provoque des divisions au sein les "Ninjas" dont certains -les "Nsiloulous"- sont dirigés par le révérend pasteur Frédérik Bitsangou alias "Ntumi". Ce dernier prend la tête de la milice réunifiée pendant la guerre civile de 1998 contre les troupes gouvernementales appuyées par les "Cobras".
Pendant la guerre, "Ninjas" et "Cocoyes" forment un Conseil national de la résistance (CNR), mouvement politique dirigé par le pasteur Ntumi.
Après les accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités de décembre 1999 entre les belligérants de la crise congolaise, les autorités congolaises déclarent le CNR illégal.
Mais le pasteur Ntumi continue d'affirmer que seuls les dirigeants du CNR ont la compétence pour le dissoudre.
D'après les Nations Unies, le Congo-Brazzaville comptait, jusqu'en 2000, 25.000 miliciens. (afp)


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