N° 251
du 18/06/2002

Congo


Viols et violences sur des civils dans le Pool

Le coordinateur du système des Nations unies au Congo, William Paton a affirmé le 29 mai que plusieurs femmes ont été violées par les militaires gouvernementaux à Kindamba dans la région du Pool (sud du Congo) lors d’opérations contre les Ninjas.
“Plusieurs femmes se sont plaintes d’avoir été violées par des soldats gouvernementaux. Les militaires viennent dans le site, prennent les femmes, vont les violer et les ramènent le même jour”, a affirmé William Paton qui a conduit une mission d’évaluation humanitaire des agences des Nations unies à Kindamba, point de départ des affrontements dans le Pool entre les troupes gouvernementales et les miliciens ninjas du pasteur Frédérik Bitsangou alias Ntumi. Cette mission est la première effectuée par les agences de l’ONU depuis le déclenchement des combats dans cette partie du Pool.
Selon M. Paton, plus de 2.000 personnes vivent dans un site d’accueil très exigu dans le centre de Kindamba dans des conditions d’hygiène précaires. Quelque 14.000 autres personnes ont quitté Kindamba pour se réfugier dans la forêt très dense de Bandou à plus de 10 km de là. Kindamba comptait avant les affrontements plus de 10.000 habitants.

La veille de ces déclarations, Mary Robinson, Haut Commissaire aux droits de l’homme, a fait état à Genève d’informations sur de graves violations des droits de l’homme commises dans la région du Pool, par les deux parties en conflit. Evoquant des combats dans et à la périphérie des villes de Kinkala, Kindamba Ngoma Tsé-Tsé et Vindza, à l’ouest et au nord-ouest de Brazzaville, Mary Robinson a relayé des témoignages selon lesquels les forces gouvernementales ont lancé des attaques aériennes depuis des hélicoptères contre des villages habités, occasionnant un nombre indéterminé de morts et de blessés.
“Je tiens à exprimer mes plus grandes préoccupations quant à la situation qui prévaut en particulier dans la région de Pool où les deux parties en conflit semblent mépriser de manière flagrante la sécurité et ne tenir aucunement compte du respect des droits de l’homme de la population civile”, a-t-elle protesté.
Pour sa part, le président Denis Sassou Nguesso a promis un “accès humanitaire illimité” à l’ONU et aux agences d’aide internationales à la région du Pool.


Retour au sommaire CONGO

Retour au sommaire ARCHIVE