N° 252
du 02/07/2002

Congo


Législatives: large victoire des partisans de Sassou Nguesso

Les partisans du président Denis Sassou Nguesso ont remporté une large victoire à l’issue des élections législatives, leur permettant de contrôler l’Assemblée nationale qui, aux termes de la nouvelle constitution, n’aura qu’une influence limitée sur le gouvernement.
A l’issue des deux tours des élections législatives -le premier le 26 mai et le second le 23 juin- ces partisans rassemblés au sein du Parti congolais du travail (PCT-ex parti unique), des Forces démocratiques unies (FDU) et leurs alliés sont crédités de 83 des 137 sièges de la future Assemblée.
Le vote n’a pas eu lieu dans huit des 14 circonscriptions de la région du Pool (sud de Brazzaville) en raison des affrontements entre les troupes gouvernementales et les miliciens ninjas du pasteur Frédérik Bitsangou, dit “Ntumi”.
Le gouvernement a prévu d’organiser des élections partielles dans ces circonscriptions dès que les conditions de sécurité le permettront.
L’opposition regroupée au sein de la Convention pour la démocratie et le salut (CODESA) n’a obtenu que huit sièges dont six issus de l’Union pour la démocratie et la république (UDR-Mwinda) de André Milongo.
L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS - de l’ancien président Pascal Lissouba) n’a obtenu que trois sièges contre aucun pour le Mouvement pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI de l’ex Premier ministre Bernard Kolélas) et le Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD de l’ancien premier ministre Jacques Joachim Yhombi).
Ces trois formations politiques de l’opposition qui n’appartiennent pas à la CODESA ont fait les frais de l’appel au boycott lancé par leurs leaders tous en exil.
Le reste des sièges revient aux indépendants qui ont fait une percée principalement dans les régions sud, et à de petites formations politiques.
La constitution adoptée au référendum en janvier instaure un régime présidentiel au Congo qui fait du président de la république la clé de voûte de toutes les institutions.
Prenant en compte les crises institutionnelles qui se sont traduites par les guerres civiles à répétition, la constitution comporte une série de garde-fous destinés à garantir la stabilité politique.
C’est ainsi que l’Assemblée ne peut renverser le gouvernement ou démettre le Chef de l’Etat. Celui-ci ne peut en revanche la dissoudre. La constitution interdit le vagabondage politique. Tout député élu sur la liste d’un parti politique ne peut le quitter durant les cinq ans de mandat législatif. Chaque démission ou changement de camp donne lieu à des élections législatives partielles.
Unique détenteur du pouvoir exécutif, le président de la République est le chef du gouvernement. Il nomme et démet les ministres qui ne sont responsables de leur gestion que devant lui.
Elu au suffrage universel dès le premier tour de la présidentielle de mars, Sassou Nguesso doit prêter serment en août.

L’opposition se retire des élections municipales en dénonçant des fraudes

Suite à ces élections législatives, le principal groupement de partis d’opposition, la Convention pour la démocratie et le salut (CODESA) a décidé de se retirer des élections locales et municipales prévues le 30 juin affirmant que les résultats des législatives avaient été manipulés.
“Les membres du présidium de la CODESA ont relevé les conditions chaotiques et défectueuses de l’organisation et du déroulement du scrutin législatif caractérisées par des fraudes généralisées et massives, une falsification officielle des résultats sortis des urnes attestés par les procès verbaux authentiques, un débordement manifeste de la commission nationale d’organisation des élections (CONEL) qui s’est érigée en tribunal du contentieux électoral”, a écrit dans une déclaration la CODESA.
La CONEL a disqualifié 17 candidats lors des deux tours (26 mai et 23 juin) des législatives. Selon la loi électorale, cela est du ressort du conseil constitutionnel.
La CODESA a donc demande “à ses électeurs de s’abstenir de toute participation aux élections en cours” et invité “la communauté nationale et internationale à constater avec elle l’échec du processus électoral au Congo”.
Le principal parti de la CODESA, l’UDR-Mwinda de André Milongo s’est désolidarisé de cet appel et a appelé les électeurs à voter aux municipales.


Retour au sommaire CONGO

Retour au sommaire ARCHIVE
Haut de page