N° 253
du 30/07/2002

Congo


Elections
Législatives, municipales, Sénatoriales
Les partisans du président Sassou Nguesso remportent tout

Les partisans du président Denis Sassou Nguesso ont remporté une large victoire à l’issue des élections législatives, leur permettant de contrôler l’Assemblée nationale qui, aux termes de la nouvelle constitution, n’aura qu’une influence limitée sur le gouvernement.
A l’issue des deux tours des élections législatives - le premier le 26 mai et le second le 23 juin - ces partisans rassemblés au sein du Parti congolais du travail (PCT-ex parti unique), des Forces démocratiques unies (FDU) et leurs alliés sont crédités de 83 des 137 sièges de la future Assemblée.
Le vote n’a pas eu lieu dans huit des 14 circonscriptions de la région du Pool (sud de Brazzaville) en raison des affrontements entre les troupes gouvernementales et les miliciens ninjas du pasteur Frédérik Bitsangou, dit “Ntumi”.
L’opposition regroupée au sein de la Convention pour la démocratie et le salut (CODESA) a huit sièges dont six issus de l’Union pour la démocratie et la république (UDR-Mwinda) d’André Milongo.
L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS - de l’ancien président Pascal Lissouba) n’a obtenu que trois sièges contre aucun pour le Mouvement pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI de l’ex Premier ministre Bernard Kolélas) et le Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD de l’ancien Premier ministre Jacques Joachim Yhombi).
Ces trois formations politiques de l’opposition qui n’appartiennent pas à la CODESA ont fait les frais de l’appel au boycott lancé par leurs leaders tous en exil.
Le reste des sièges revient aux indépendants qui ont fait une percée principalement dans les régions sud, et à de petites formations.

Aux élections sénatoriales

Sur 60 sièges pourvus à l’issue des élections sénatoriales organisées le 1er juillet dans neuf des dix régions du Congo et dans la capitale Brazzaville, le PCT et ses alliés ont obtenu 56 sièges. Trois sièges sont revenus à des associations et à un indépendant. Sur les 56 sièges remportés par les partisans du pouvoir, le PCT a obtenu 44 et ses alliés 12.
L’opposition, toutes tendances confondues, n’a obtenu qu’un siège, celui de Jean-Pierre Engoualé, un candidat du Parti pour la reconstruction du Congo (PRDC, membre de la CODESA), qui a été élu dans la région de la Cuvette ouest.)
Les sénateurs sont élus par les membres des conseils locaux, régionaux et municipaux pour un mandat de six ans.
Le Sénat est la deuxième chambre du Parlement après l’Assemblée nationale. Il comptera 66 sièges, chacune des dix régions du pays, ainsi que la capitale Brazzaville, étant représentée par six sénateurs.
Pour des raisons de sécurité, le scrutin sénatorial n’a pas eu lieu dans la région du Pool (sud). Des élections partielles y seront organisées dès que les conditions de sécurité le permettront.

Elections locales

Enfin, pour clore ce chapitre électoral, les mêmes, c’est-à-dire les partisans du pouvoir ont remporté les élections locales et municipales du 30 juin, en obtenant les 2/3 des 850 sièges des conseils locaux, régionaux et municipaux, dont 310 pour le seul PCT.
L’UPADS de Pascal Lissouba a eu 45 sièges et le MCDDI de Bernard Kolélas, sept sièges.
L’UDR-Mwinda d’André Milongo a obtenu 18 sièges. L’UDR-Mwinda est membre de la CODESA, qui avait pourtant décidé de boycotter ces élections locales et municipales pour protester contre l’absence de transparence du processus électoral ainsi que contre les fraudes.
Des personnalités indépendantes ont obtenu 51 sièges, suivies par de petites formations politiques.
Les conseils locaux, régionaux et municipaux sont chargés d’adopter les programmes de développement des régions et communes et d’élire les maires des communes.
Le Congo compte dix régions et six communes. Les principales agglomérations sont Brazzaville et la ville portuaire de Pointe-Noire, sur le littoral atlantique.
Majoritaire en sièges dans la capitale, le PCT devrait présenter un candidat pour la mairie centrale de Brazzaville.
Le Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS de Jean Pierre Thystère Tchicaya) arrivé en tête à Pointe-Noire devrait briguer la direction de cette ville. Il devrait compter sur le soutien du PCT, son principal allié.

Rappel : la constitution adoptée au référendum en janvier instaure un régime présidentiel au Congo qui fait du président de la république la clé de voûte de toutes les institutions.
Prenant en compte les crises institutionnelles qui se sont traduites par les guerres civiles à répétition, la constitution comporte une série de garde-fous destinés à garantir la stabilité politique.
C’est ainsi que l’Assemblée ne peut renverser le gouvernement ou démettre le Chef de l’Etat. Celui-ci ne peut en revanche la dissoudre. L’Assemblée contrôlera l’action du gouvernement. Ces contrôles n’auront qu’une portée politique symbolique puis qu’ils ne peuvent pas entraîner le changement de majorité parlementaire.
La constitution interdit le vagabondage politique. Tout député élu sur la liste d’un parti politique ne peut le quitter durant les cinq ans de mandat législatif. Chaque démission ou changement de camp donne lieu à des élections législatives partielles.
Unique détenteur du pouvoir exécutif, le président de la république est le chef du gouvernement. Il nomme et démet les ministres qui ne sont responsables de leur gestion que devant lui.
Elu au suffrage universel dès le premier tour de la présidentielle de mars dernier, Sassou Nguesso doit prêter serment en août.


Sommaire CONGO

Sommaire ARCHIVE
Haut de page