N° 255
du 17/09/2002

Congo


Le général Dabira nie son implication
dans les disparitions de 1999

J’affirme solennellement que je n’ai jamais ni torturé, ni enlevé, ni tué qui que ce soit. Je souligne que je n’ai jamais commandité ce genres d’actes criminels”, a affirmé dans un communiqué le général Norbert Dabira, inspecteur général des armées, niant ainsi toute implication dans les disparitions de civils en 1999 au Congo, qui font l’objet d’une information judiciaire en France contre quatre dirigeants congolais.
Le général Dabira, le président Denis Sassou Nguesso, le ministre de l’Intérieur, le général Pierre Oba et le directeur général de la garde républicaine, le général Blaise Adoua, font l’objet d’une plainte pour “crimes de tortures, crimes d’enlèvement et crimes contre l’humanité”.
Cette plainte a été déposée en décembre 2001 au tribunal de Meaux (près de Paris) par deux ressortissants congolais rescapés des disparitions survenues entre avril et mai 1999 à Brazzaville lors de la guerre civile entre les troupes gouvernementales et les miliciens ninjas de l’ex-Premier ministre Bernard Kolélas.
Quelque 350 Congolais auraient été arrêtés au débarcadère fluvial de Brazzaville par les forces de sécurité, puis portés disparus alors qu’ils rentraient d’exil en République démocratique du Congo (RDC) voisine après avoir fui les combats à Brazzaville.
Le général Dabira a été entendu une première fois en juillet dernier par un juge d’instruction du tribunal de Meaux en tant que témoin assisté en présence de son avocat, Me Jacques Vergès. Il devait être entendu pour la seconde fois le 11 septembre, mais le gouvernement congolais s’est opposé à cette deuxième audition estimant que le tribunal de Meaux n’était pas compétent pour statuer sur l’affaire des disparus au Congo.
En juin dernier, la justice congolaise a ouvert une information judiciaire sur ce dossier et sur d’autres cas de disparitions survenues lors des différentes guerres civiles entre 1993 et 2001 au Congo. Le gouvernement congolais a annoncé avoir saisi la Cour internationale de justice de La Haye pour désaisir la justice française du dossier des disparus de 1999.


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