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Les évêques du Congo, choqués par la mort en détention, dans la région du Pool (sud-ouest), dun religieux français, le Père Jean Guth, sont préoccupés par les agressions perpétrées par des groupes armés contre des hommes dEglise.
Au nom des évêques du Congo, au nom du peuple du Nord au Sud du pays, je crie tout haut ma peine devant les agressions dont les serviteurs et servants de Dieu sont victimes de la part des hommes en armes de tous les bords, a lancé larchevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou, lors dune messe à la mémoire du Père Guth.
Le prélat a accusé publiquement les ninjas Nsiloulous du pasteur Frédéric Bitsangou alias Ntumi, davoir sans raison pris en otage le Père Guth. Ils ont entraîné le Père Guth dans les forêts, de Vindza à Kindamba. Il y a subi des violences de toutes sortes: sévices multiples et répétés, coupure du tendon, brisure de plusieurs dents, s'est insurgé lévêque.
Les violences et agressions sont luvre de tous les groupes armés: miliciens cocoyes, cobras, ninjas Nsiloulous et même les membres de la force publique, a souligné Mgr Milandou.
Le qualificatif de Nsiloulous que revendiquent les ravisseurs du religieux français, signifie jusquau-boutistes en lari, la langue dune des principales ethnies du Congo
Bien avant le père Guth, dautres religieux ont été tués, victimes denlèvements ou dattaques dhommes en arme qui ont successivement sévi au Congo-Brazzaville: ninjas, miliciens cocoyes de lancien régime déchu de Pascal Lissouba, cobras du pouvoir actuel et forces gouvernementales.
Parmi leurs victimes, figure le cardinal Emile Biayenda assassiné en 1977 après quon leut soupçonné dêtre impliqué dans la mort - la même année - de lex-président Marien Ngouabi, le père Jean Czuba curé de la paroisse de Loubomo (sud-ouest) tué en 1998, ainsi quune dizaine dautres religieux exécutés à loccasion dune mission de paix à Mindouli (Pool).
Dans la plupart des cas, ces assassinats ont été accompagnés de pillages et de destructions. Mgr Milandou a exigé des sanctions contre les auteurs dagressions contre les religieux.
Les relations entre lEglise et les pouvoirs politiques ont souvent été difficiles au Congo où les milieux officiels nhésitent pas à laccuser dêtre proche de lopposition. En dépit de ces soupçons, en raison de son importance sociale, lEglise a été sollicitée comme médiateur lors des guerres civiles qui ont déchiré le Congo entre 1993 et 2002. Estimée en 2001 à plus de 3 millions dhabitants, la population congolaise est chrétienne à 90%. Depuis le début, en mars, des affrontements dans le Pool entre ninjas et forces gouvernementales, lEglise du Congo a tenté - en vain - une médiation pour une solution négociée.
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