N°258
du 04/11/2002

Congo


Affaire des disparus de Brazzaville
La justice entame l’audition des parents

La justice congolaise a commencé l’audition des parents des personnes arrêtées en mai 1999 au débarcadère fluvial de Brazzaville, puis portées disparues. Ces auditions se déroulent en présence de l’avocat des familles des disparus, Me André François Quenum, du barreau de Brazzaville.
Le doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Brazzaville, Patrice Nzouala, a précisé que la procédure visait à établir les responsabilités dans l’affaire des disparitions. “Elle (la procédure) porte bien sur la recherche des coupables afin que ceux-ci puissent être renvoyés devant la juridiction compétente”, a assuré le juge.
Les parents des familles de disparus craignent que la procédure judiciaire ne vise que des indemnisations sans que les responsabilités pénales soient établies.
En mai 1999 des personnes réfugiées en République démocratique du Congo voisine après avoir fui la guerre civile à Brazzaville et dans la région du Pool (sud-ouest) auraient été arrêtées au port fluvial par les services de sécurité lors de leur rapatriement par le HCR dans la capitale congolaise. Soupçonnées d’avoir appartenu à la milice Ninja de l’ex-Premier ministre Bernard Kolélas, 353 d’entre elles sont depuis portées disparues, selon le comité des familles.
En décembre 2001, deux Congolais rescapés de ces arrestations et réfugiés en France ont porté plainte au tribunal de Meaux (près de Paris) contre le président Denis Sassou Nguesso, le ministre de l’Intérieur, le général Pierre Oba, le directeur de la garde républicaine, le général Blaise Adoua et l’inspecteur général des armées, le général Norbert Dabira.
Interrogé une première fois à Meaux, le général Dabira a refusé de se présenter en septembre à une seconde convocation, empêché, selon lui, par le gouvernement congolais de se rendre en France.
Le gouvernement de Brazzaville a lui décidé d’engager une procédure de déssaisissement de la justice française auprès de la Cour Internationale de la Haye estimant qu’elle n’est pas compétente pour instruire cette affaire.
Le 9 octobre, Gérard Bitsindou, ancien directeur de cabinet du président Sassou Nguesso entre 1997 et 2002, en visite privée à Paris, a été entendu par un juge d’instruction de Meaux, mais n’a pas été mis en examen.


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