N°259
du 29/11/2002

Congo


Le président Sassou Nguesso
donne un mois aux ninjas pour se rendre

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a ordonné solennellement le 18 novembre aux forces armées d’ouvrir des couloirs dans la région du Pool (sud-ouest) pour permettre aux miliciens ninjas de sortir des forêts et de se rendre aux autorités à Brazzaville.
“Pendant un mois, du 18 novembre au 18 décembre, nous avons demandé à la force publique - qui regroupe l’armée, la gendarmerie et la police- d’ouvrir des couloirs dans tous les districts du Pool, qui permettraient aux jeunes gens armés de sortir et de se rendre à Brazzaville”, a déclaré le chef de l’Etat lors d’un meeting, précisant que cette mesure serait valable pendant un mois.
“En tant que président de la république, je garantis la sécurité aux jeunes gens et à leurs chefs qui se rendraient aux autorités à Brazzaville”, a lancé M. Sassou Nguesso qui a jugé suffisant le délai accordé aux ninjas pour se rendre.
Le chef de l’Etat a rappelé que la loi d’amnistie pour les faits de guerre approuvée en 1999 par l’ancien Parlement provisoire, le Conseil national de transition, était encore en vigueur.
Il n’a fait aucune allusion au plan de paix qui lui a été remis une semaine plus tôt à Oyo (nord-est) par un comité de paix mis en place par des ressortissants du Pool établis à Brazzaville.
Dans ce plan de paix en dix points élaboré après une réunion qui a regroupé en octobre 250 personnalités de tous bords politiques et de la société civile, les originaires du Pool ont demandé un cessez-le-feu et l’arrêt des “bombardements aériens et terrestres”, dans le Pool ainsi qu’une “nouvelle amnistie générale” puisque d’après eux, la première amnistie est dépassée.
Ce plan demandait aussi l’ouverture du dialogue parce que la solution “militaire a montré ses limites”.
Lors du meeting qui a regroupé plus d’un millier d’originaires du Pool, des manifestants portaient des pancartes avec les mentions: “Arrêtons la guerre et le pillage au Pool”, “Le Pool n’est pas une terre expiatoire des péchés du Congo”.
S’exprimant pour le compte des chefs des familles du Pool, George Makampa a demandé que des militaires disciplinés soient envoyés dans la région pour faciliter la reddition des ninjas. Il a exclu la présence de nouvelles recrues de l’armée, responsables, selon lui, de pillages et d’exactions dans le Pool.
Le ministre congolais de la justice, Jean Martin Mbemba a déploré les exactions commises sur les populations civiles dans la région du Pool. “Des exactions commises par les belligérants des deux parties sur les populations civiles dans le Pool, avec des personnes abandonnant tout, vivotant dans la misère et le dénuement le plus total ne nous enchantent guère”, a affirmé M. Mbemba dans un discours lors de la présentation du rapport des Nations Unies sur le développement humain dans le monde.
“Cette situation reste notre souci majeur... Notre effort tend vers l’humanisation de toutes les prestations de l’Etat”, a dit M. Mbemba pour qui les exactions sont commises aussi bien par les ninjas du pasteur Frédéric Bitsangou alias Ntumi que par quelques éléments des forces régulières.
Les affrontements ont provoqué l’exode des populations civiles dans les régions voisines du Pool et à Brazzaville.
Près de 10.000 civils ont été accueillis dans trois sites dans la périphérie sud de la capitale où ils bénéficient de l’assistance des organisations humanitaires internationales.


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