N° 264
du 17/02/2003

Congo


Disparus de 1999
Début de l’audition d’officiers de police

La justice congolaise a commencé le 29 janvier à entendre des officiers de la police et de l’armée dans le cadre d’une instruction sur la disparition de réfugiés revenant, en 1999, de République démocratique du Congo (RDC). Au total, la justice a convoqué une vingtaine d’officiers qui n’avaient pas répondu à une première convocation du juge d’instruction. Les autorités congolaises ont affirmé à plusieurs reprises leur volonté de faire toute la lumière sur ces cas d’arrestations et de disparitions, promettant d’organiser un procès pour que les responsables soient condamnés.
Entre mai et juin 1999, des dizaines de Congolais auraient été arrêtés au beach (port fluvial) de Brazzaville par les forces de sécurité, puis portés disparus, alors qu’ils rentraient d’exil en RDC où ils avaient fui les combats. Ils étaient soupçonnés d’être des miliciens ninjas ou d’avoir commis des exactions contre les populations civiles.
Leur rapatriement s’était déroulé sous l’égide du Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) avec l’accord des gouvernements de RDC et du Congo-Brazzaville.
Selon le comité des familles des disparus, le nombre de personnes arrêtées serait de 353 et la plupart aurait été arrêtée avec la complicité d’officiers supérieurs de l’armée ou de la police.
Pour leur part, les autorités congolaises affirment que le nombre des personnes portées disparues serait inférieur à celui avancé par le comité des familles.
Trois rescapés, réfugiés en France ont porté plainte auprès du tribunal de Meaux dans la banlieue parisienne, contre le président Denis Sassou Nguesso, le ministre de l’Intérieur, le général Pierre Oba, le commandant de la garde républicaine, le général Blaise Adoua et l’inspecteur général des armées, le général Norbert Dabira. pour “actes de tortures, crimes contre l’humanité et arrestations arbitraires”
Le gouvernement congolais a demandé à la Cour internationale de La Haye de dessaisir la justice française de ce dossier, estimant qu’elle n’est pas compétente pour l’instruire.


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