N° 271
du 03/06/2003

Congo


Nouvel espoir de paix dans la région du Pool

La réapparition, le 19 mai, en public du chef des rebelles ninjas, le pasteur Frédéric Bitsangou alias Ntumi, a suscité un nouvel espoir de paix dans le département du Pool (sud-ouest du Congo) ravagé par la guerre civile qui a fait des milliers de morts et de déplacés.
«La paix que nous avons faite avec le gouvernement n’est pas un pèlerinage d’esprit, un laboratoire d’expérimentation des chances, ni un repos des biceps mais la somme de volontés manifestement et clairement traduites», a déclaré le pasteur Ntumi lors d’un meeting à Vindza, sa base, tenu en présence d’un envoyé spécial du président Sassou Nguesso et au milieu d’un impressionnant dispositif de sécurité assuré par près de 800 miliciens ninjas armés.
Au cours de ce meeting, très médiatisé, le pasteur, tête ébouriffée, emmitouflé dans une grande écharpe, a soufflé le chaud et le froid, prônant la paix et exhortant, dans le même temps, les populations du Pool à engager des poursuites devant la justice internationale pour ce qu’il a qualifié de «génocide commis par les troupes gouvernementales».
«Effacez-tout. Mais je sais que vous ne pouvez pas oublier ce qui s’est passé ici. Si vous avez des choses à me reprocher ainsi qu’au président Denis Sassou Nguesso, constituez des dossiers et déposez des plaintes devant la justice internationale. Nous verrons qui, du président Sassou et de moi, aura raison», a clamé le pasteur Ntumi.
La réapparition du chef des rebelles à Vindza, à 150 km au sud-ouest de Brazzaville, a mis fin à un an de maquis dans le Pool où les miliciens ninjas affrontaient depuis le 29 mars 2002 les forces gouvernementales.
Elle fait suite aux engagements pour la paix signés le 17 mars - réaffirmant l’accord de cessez-le-feu qui avait mis fin à la première guerre civile en 1999 - par le gouvernement et des représentants du pasteur Ntumi, lequel dirige le Conseil national de la résistance (CNR), l’aile politique des miliciens ninjas.
Depuis, plus d’un millier de miliciens se sont rendus et ont été, pour la plupart, désarmés en attendant de bénéficier des mesures de réinsertion prévues par les accords.
Le pasteur, lui-même en attente de ces mesures pour son retour à Brazzaville, prétend encore avoir des initiatives politiques et exige la tenue d’un nouveau dialogue national avec la participation d’anciens dirigeants exilés.
Le porte-parole du gouvernement, Alain Akouala a aussitôt rejeté cette demande estimant que le dialogue avait déjà eu lieu en 2001.
Pour l’envoyé spécial du président Denis Sassou Nguesso à Vindza, le colonel Casimir Ombéré, «il faut que le gouvernement et le CNR respectent leurs engagements pour que la paix revienne définitivement dans le Pool».
Afin d’aider les autorités congolaises à réaliser la réinsertion sociale des populations déplacées du Pool et des miliciens ninjas, les Nations Unies à travers le PNUD ont annoncé l’envoi d’une mission multi-agences chargée d’identifier les besoins.
Entre 1998 et 2003 le Pool a été le théâtre de deux guerres civiles qui ont fait plusieurs milliers de morts - dont aucun bilan exact n’a pu être établi - et des déplacés ainsi que d’importants dégâts matériels.


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