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La Convention pour la démocratie
et le salut (CODESA-opposition
non armée) a accusé le 5 janvier le pouvoir du président
Denis Sassou Nguesso de mener une politique «anti-nationale»,
qui «tourne le dos aux intérêts du peuple et profite
à une catégorie de courtisans».
Réagissant dans une déclaration au message de vœux
de nouvel an 2004 de Sassou Nguesso, la CODESA a estimé que le
Chef de l’Etat avait «une fois de plus déçu
les Congolais en leur servant un plat réchauffé».
«C’est à croire que le président de la république
ignore les problèmes brûlants qui se posent aux congolais...
Notre peuple a eu droit à un chapelet de promesses qui ne seront
jamais réalisées», a ajouté la CODESA qui regroupe
une dizaine de partis et associations.
Dans son message, le président Sassou Nguesso a promis le recrutement
en 2004 de 3450 nouveaux agents de la fonction publique. Il a annoncé
également le lancement de plusieurs projets à caractère
économique et social. La fonction publique congolaise compte plus
de 70.000 agents civils et militaires. La masse salariale annuelle est
de 120 milliards de F.CFA.
Le Chef de l’Etat a aussi annoncé que le gouvernement allait
conclure un programme avec le Fonds Monétaire international (FMI)
en 2004 pour permettre au Congo de bénéficier de l’initiative
des pays pauvres très endettés (PTTE) sur l’annulation
d’une importante partie de la dette extérieure et de consacrer
les ressources libérées à la lutte contre la pauvreté.
«L’horizon PTTE que recherche le gouvernement s’éloigne
chaque jour davantage en raison de l’entêtement du Chef de
l’Etat et de son équipe ministérielle à ne
pas appliquer les recommandations du FMI», a souligné la
CODESA regrettant que dans son message, le président Sassou Nguesso
n’ait «dit aucun mot sur la gestion du pétrole qui
préoccupe la majorité» des Congolais.
Pour la CODESA, la création de 3450 nouveaux postes de travail
dans la fonction publique est loin des «40.000 emplois» promis
par Sassou Nguesso lors de la campagne pour l’élection présidentielle
de mars 2002.
«La lutte contre la pauvreté est devenue un simple slogan
gouvernemental...La politique suivie par le pouvoir est anti-nationale.
Elle tourne le dos aux intérêts du peuple et ne profite qu’à
une catégorie de courtisans et de privilégiés»,
poursuit la CODESA.
Au plan politique, la CODESA a lancé un appel pour «un dialogue»
entre tous les congolais et exigé une nouvelle fois une amnistie
générale ainsi que le retour de tous les exilés.
Sassou Nguesso s’est par ailleurs engagé à consolider
le processus de paix après plusieurs années de guerre civile
et ce, en dépit des provocations des «ennemis qui ont pris
l’option de ramer à contre-courant de la volonté réelle
de notre peuple, qui se sont faits la funeste conviction que leurs impatiences,
leurs frustrations et leurs intérêts ne peuvent être
assouvis que par la force, la violence et le terrorisme».
Le Chef de l’Etat a promis des sanctions contre les auteurs de la
fusillade des 17, 18 et 19 décembre à Brazzaville aux termes
de l’enquête judiciaire en cours. |