N° 285
du 06/01/2004

Congo


Violences de décembre
Les forces de sécurité
démentent avoir mis en place un dispositif de combat à Brazzaville

Les forces de sécurité ont démenti le 04/01 avoir mis en place un «dispositif de combat» dans les quartiers sud de Brazzaville, comme l’a affirmé l’opposition armée. «Nous avons mis en place dans le cadre de l’opération Espoir un dispositif de police parce que nous avons reçu des menaces manifestes ou virtuelles dans les quartiers sud de Brazzaville», a affirmé le commandant de la gendarmerie nationale, le général de brigade Gilbert Mokoki, qui assure également le commandement de l’opération Espoir.
«Le but de l’opération Espoir est de garantir la libre circulation des biens et des personnes. Nous adaptons cette opération en fonction de l’évolution de la situation», a ajouté le général Mokoki.
Dans un communiqué, le Conseil national de la résistance (CNR-opposition armée dirigée par le pasteur Frédéric Bitsangou, alias Ntumi) a accusé les forces de sécurité d’avoir mis en place un «dispositif de combat» près de la résidence aménagée pour le pasteur Ntumi à Makélékélé, quartier sud de Brazzaville.
M. Ntumi se trouve encore dans le département du Pool (sud), bien qu’il doive regagner la capitale.
Lancée le 20 décembre, l’opération Espoir vise à lutter contre le banditisme (braquages, vols à main armée, trafic et consommation de drogue, circulation illégale des armes de guerre, notamment) dans tous les départements du Congo.
Cette opération a commencé au lendemain de coups de feu attribués par les autorités à des «éléments incontrôlés de la force publique» (armée, police et gendarmerie) et à un groupe d’ex-miliciens qui avaient provoqué une panique générale à Makélékélé et dans le quartier voisin, Bacongo.
Selon le général Mokoki, des miliciens Nsiloulous du pasteur Ntumi avaient braqué des véhicules, extorqué de l’argent à de «paisibles populations» de Bacongo et érigé des barricades lors de ces troubles.
Pour éviter que des incidents de ce type ne se reproduisent, les forces de sécurité ont renforcé leurs positions le long de l’avenue de lOUA séparant Bacongo de Makélékélé et menant au centre-ville.
La résidence aménagée par le gouvernement pour le pasteur Ntumi se trouve près de l’avenue de l’OUA.

Aux termes des engagements pour la paix signés en mars 2003 avec des représentants du pasteur Ntumi pour mettre un terme à la guerre civile au Congo, le gouvernement est chargé d’assurer la sécurité de cette résidence. «Il est de bon aloi que le gouvernement renforce certaines dispositions pour renforcer la sécurité de cette résidence. Il ne s’agit pas d’un dispositif de combat, mais d’un dispositif de police», a assuré le général Mokoki.
Outre les forces de sécurité, 15 miliciens Nsiloulous sont également chargés de veiller à la sécurité de cette résidence, alors que 10 autres doivent constituer la garde d’un responsable du CNR, Kozardio Bitsangou, récemment nommé par décret présidentiel Haut commissaire à la réinsertion des ex-miliciens, chargé des affaires sociales.

Le 29 décembre, trois miliciens «Nsiloulous» proches du pasteur «Ntumi», auteurs de braquages, ont été tués par balles dans un échange de coups de feu avec les forces de sécurité dans un quartier sud de Brazzaville.
Théophile Tchicaya Taty alias «Titus» et deux de ses compagnons ont trouvé la mort dans le cadre de cette fameuse opération «Espoir». Les trois miliciens auraient été responsables de plusieurs cas de braquages de commerçants, de séquestrations et de rançonnages près de Kinkala dans le département du Pool.
Le 22 décembre, Titus a braqué le véhicule de l’évêque de Kinkala, Mgr Louis Portella Mbouyou, à Voula (située à 10 km de Kinkala), obligeant le prélat à rejoindre son diocèse à pied.
Titus et ses deux compagnons sont arrivés à bord du véhicule braqué à Bacongo, quartier sud de Brazzaville dans le but de le «maquiller» dans un garage. Informé, le commandement de l’opération «Espoir» a envoyé une équipe d’agents des forces de sécurité auprès de M. Titus pour le persuader de remettre le véhicule au propriétaire.
«Contre toute attente, Titus et quelques complices ont ouvert le feu sur les agents de la force publique qui ont riposté et les ont touchés mortellement», a affirmé un communiqué signé du général Gilbert Mokoki.
Deux miliciens ont trouvé la mort sur place tandis que Titus a succombé pendant son évacuation à l’hôpital, selon ce communiqué.

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