N° 289
du 09/03/2004


Congo

Le pouvoir rejette des exigences du pasteur Ntumi
Le ministre d’Etat, coordonnateur de l’action du gouvernement, Isidore Mvouba a rejeté le 7 mars certaines exigences politiques du chef des miliciens rebelles ninjas et nsiloulous, le pasteur Frédéric Bitsangou alias Ntumi estimant qu’elles ne figurent pas dans les accords de paix.
En janvier, le pasteur Ntumi avait exigé depuis son fief de Loukouo à 200 km à l’ouest de Brazzaville dans le département du Pool, la mise en place d’un gouvernement de large union nationale, le retour des anciens dirigeants exilés, la définition de son statut et un accord avec le gouvernement sur le nombre de ses miliciens à incorporer dans la force publique (armée, police et gendarmerie).
«Dans les engagements croisés pour la paix dans le Pool signés par le gouvernement et les représentants du pasteur Ntumi, il n’y a pas de formation de gouvernement de large union nationale et de retour des exilés. Nous demandons au pasteur Ntumi de revenir à ces engagements», a rétorqué M. Mvouba lors d’une conférence de presse organisée à une semaine du premier anniversaire de ces accords.
Ces engagements pris sur la base des accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités de décembre 1999 entre les troupes gouvernementales et des groupes armés, ont permis de mettre fin à la guerre civile dans le Pool.
Aux termes des engagements signés le 17 mars 2003, le gouvernement et le pasteur Ntumi étaient convenus d’organiser le désarmement, la démobilisation et la réinsertion de ses partisans, de favoriser la libre circulation des personnes et des biens dans le Pool, d’y restaurer l’autorité de l’Etat et de désigner un représentant du chef rebelle au haut commissariat chargé de la réinsertion des ex-combattants.
Pour favoriser le retour du pasteur Ntumi dans la capitale, le gouvernement a réhabilité un immeuble qui sera sa résidence.
A Loukouo, le pasteur Ntumi a conditionné son retour à Brazzaville et le désarmement de ses miliciens à la définition de son statut, à un accord sur le quota de ses partisans devant être intégrés dans la force publique.
Le gouvernement et des représentants du pasteur ont toutefois mis en place deux groupes de travail chargés de la démobilisation, du désarmement et la réinsertion et de réfléchir sur le statut du pasteur «ainsi que sur le placement de ses hommes». .

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