- Devinette. Qui donc
déclarait en mars 1994 que "le bulletin de vote
n'a aucune valeur au Gabon" ? Qui déclarait en
avril 1995 qu'"à partir du moment où l'on
est au gouvernement, l'on ne peut plus se dire de
l'opposition". Et qui vient d'accepter de participer
à un gouvernement d'ouverture, pour "rendre
service" au pays "en danger" ?
- Le père Paul Mba Abessole, leader du
Rassemblement national des bûcherons
(RNB/RPG), député-maire de Libreville,
la capitale du Gabon.
- Le poste dont il a hérité, ministre
d'Etat, ministre des Droits de l'Homme, ne lui permettra
sans doute pas de mettre en application la politique
sociale qu'il n'a eu de cesse de réclamer depuis
des années.
- Né le 9 octobre 1939 à Ngnung-Ako
(nord), d'allure replète, portant de petites
lunettes rondes, Paul Mba Abessole, cite volontiers
Jésus-Christ et assure lire la Bible tous les
jours.
- Ordonné prêtre le 30 juin 1968,
après des études à la
Congrégation du St Esprit, dans le nord-ouest de
la France, il officie de 1968 à 1976 dans
plusieurs paroisses du Gabon, et connaît dès
1973 ses premiers démêlés avec le
régime Bongo.
- A partir de 1976, il étudie en France,
où il obtient trois doctorats: en
théologie, en sciences religieuses et en
linguistique, et où il rejoint les opposants
gabonais de Paris, au sein de la structure clandestine du
Morena (Mouvement pour le Redressement national).
- Il se lie également d'amitié avec le
journaliste français Pierre Péan, qui
publiera en 1983 "Affaires africaines", ouvrage
dénonçant les relations franco-africaines.
- Refusant toute négociation avec le pouvoir
sans conditions préalables, dont le multipartisme,
il accepte finalement de rencontrer le président
Bongo "à titre privé" en mai 1989, avant de
rentrer définitivement au Gabon en novembre.
- A la suite de la Conférence nationale de
mars-avril 1990, le président Bongo lui propose le
portefeuille de la Justice dans un gouvernement de
transition. Il le refuse.
- En 1990, Paul Mba Abessole créé le
Morena-Bûcheron, qui deviendra en 1991 le
Rassemblement national des bûcherons (RNB), tenant
d'une opposition radicale, refusant de participer aux
gouvernements successifs.
- Candidat du RNB à la première
présidentielle multipartite de 1993, le
père Mba Abessole termine deuxième, avec
27,5% des voix, derrière le président
Bongo, élu au premier tour (51,1%). Une victoire
vivement critiquée par l'opposition qui appelle,
RNB en tête, à la
désobéissance civile et à la
grève générale.
- Sa maison librevilloise est rasée en
février 1994 par la Garde présidentielle et
la radio du parti, "Radio Liberté"
détruite. Il rejoint à nouveau Paris.
- Paul Mba Abessole refuse ensuite de participer aux
négociations qui s'engagent alors entre pouvoir et
opposition, et aboutissent fin 1994 aux Accords de Paris
et à la formation d'un gouvernement de coalition,
sans aucun "bûcheron" dans ses rangs.
- Surnommé le "Père-Maire" depuis qu'il a
conquis, fin 1996, la mairie de Libreville, où vit
près de la moitié du million de Gabonais,
il est de nouveau candidat à la
présidentielle de 1998.
- Le président Bongo est triomphalement
réélu avec 66,88% des voix au premier tour.
Paul Mba Abessole n'arrive que troisième (13,16%)
et dénonce une "fraude d'Etat unique dans
l'histoire électorale gabonaise".
- Converti depuis 1999 au concept de "démocratie
conviviale", il met de l'eau dans son vin - ou le
contraire - et tente d'asseoir son image de rassembleur
et d'alternative crédible au président
Bongo. Mais, revers de la médaille, il brouille
son image d'opposant sincère auprès de
certains sympathisants.
- Après avoir accepté ce poste de
ministre, il assure n'avoir "à aucun moment
pensé déposer les armes".
- A chacun ses croyances
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