N° 221
du 12/01/2001

Gabon


Le complexe industriel de Moanda,
un espoir de développement

Cerné par les plateaux verdoyants du sud de la province du Haut-Ogooué (est du Gabon), l'énorme complexe industriel de Moanda (CIM) inauguré fin décembre suscite de vifs espoirs pour la population de cette région qui a profité pendant des décennies de l'exploitation du manganèse.
Indispensable pour la fabrication des alliages métalliques et en particulier des aciers, manganèse constitue avec le bois la principale ressource naturelle de cette partie du Gabon limitrophe avec le Congo-Brazzaville.
Moanda doit d'ailleurs son développement et sa prospérité au précieux minerai, exploité exclusivement par la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG) qui y a installé son siège social.
La générosité de la nature ne suffit plus à faire vivre cette petite ville de 28.000 habitants, accrochée au flanc d'un de ces plateaux couverts de savanes et de galeries forestières qui caractérisent la région, et encore moins la province du Haut-Ogooué.
La réalisation du CIM, qui aura coûté 50 milliards de francs CFA (500 M de FF) et nécessité plus de deux ans d'efforts, est donc perçue comme "une bouffée d'oxygène".
Pour faire fonctionner les deux unités d'enrichissement et d'agglomération, qui produiront chaque année quelque 600.000 tonnes d'aggloméré de manganèse, 160 personnes ont été recrutées par la COMILOG.
Avec les entreprises sous-traitantes, ce sont près de 400 emplois au total qui seront créés à Moanda, estime la Compagnie.
Véritable ville dans la ville avec ses administrations, ses installations sportives, son cinéma et ses lotissements où s'alignent de petites maisons en ciment, l'entreprise emploie près de 1.300 agents.
Depuis sa création en 1953, la COMILOG est devenue le premier producteur mondial de manganèse, mais surtout la première société du Gabon après les grands groupes pétroliers implantés sur la côte atlantique sud du pays.
Chaque année, la Compagnie extrait de ses immenses carrières à ciel ouvert du plateau de Bangombé quelque deux millions de tonnes de minerai brut, vendues aux entreprises sidérurgiques du monde entier.
Avec la construction du CIM, la dépendance de la région vis-à-vis de la COMILOG s'accroît dangereusement, même si les énormes réserves de manganèse - près d'un siècle de production - la préserve encore longtemps d'un arrêt brutal des activités, comme cela a été le cas pour la Compagnie d'uranium de Franceville (COMU) qui a fermé il y a deux ans.
Les autorités, qui tentent depuis peu d'anticiper l'inexorable épuisement des réserves de pétrole du Gabon, espèrent voir se multiplier des projets industriels de transformation locales des ressources naturelles à l'image du CIM.
Elle n'ont d'ailleurs pas hésité le jour de l'inauguration du complexe de Moanda à inviter la COMILOG à réfléchir à la construction d'une usine de ferro-manganèse, première étape dans la fabrication des alliages et nouveau rêve de développement.


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