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Cerné par les
plateaux verdoyants du sud de la province du
Haut-Ogooué (est du Gabon), l'énorme
complexe industriel de Moanda (CIM) inauguré fin
décembre suscite de vifs espoirs pour la population
de cette région qui a profité pendant des
décennies de l'exploitation du manganèse.
Indispensable pour la fabrication des alliages
métalliques et en particulier des aciers,
manganèse constitue avec le bois la principale
ressource naturelle de cette partie du Gabon limitrophe avec
le Congo-Brazzaville.
Moanda doit d'ailleurs son développement et sa
prospérité au précieux minerai,
exploité exclusivement par la Compagnie
minière de l'Ogooué (COMILOG) qui y a
installé son siège social.
La générosité de la nature ne
suffit plus à faire vivre cette petite ville de
28.000 habitants, accrochée au flanc d'un de ces
plateaux couverts de savanes et de galeries
forestières qui caractérisent la
région, et encore moins la province du
Haut-Ogooué.
La réalisation du CIM, qui aura
coûté 50 milliards de francs CFA (500 M
de FF) et nécessité plus de deux ans
d'efforts, est donc perçue comme "une bouffée
d'oxygène".
Pour faire fonctionner les deux unités
d'enrichissement et d'agglomération, qui produiront
chaque année quelque 600.000 tonnes
d'aggloméré de manganèse, 160 personnes
ont été recrutées par la COMILOG.
Avec les entreprises sous-traitantes, ce sont
près de 400 emplois au total qui seront
créés à Moanda, estime la Compagnie.
Véritable ville dans la ville avec ses
administrations, ses installations sportives, son
cinéma et ses lotissements où s'alignent de
petites maisons en ciment, l'entreprise emploie près
de 1.300 agents.
Depuis sa création en 1953, la COMILOG est
devenue le premier producteur mondial de manganèse,
mais surtout la première société du
Gabon après les grands groupes pétroliers
implantés sur la côte atlantique sud du pays.
Chaque année, la Compagnie extrait de ses
immenses carrières à ciel ouvert du plateau de
Bangombé quelque deux millions de tonnes de minerai
brut, vendues aux entreprises sidérurgiques du monde
entier.
Avec la construction du CIM, la dépendance de la
région vis-à-vis de la COMILOG s'accroît
dangereusement, même si les énormes
réserves de manganèse - près d'un
siècle de production - la préserve encore
longtemps d'un arrêt brutal des activités,
comme cela a été le cas pour la Compagnie
d'uranium de Franceville (COMU) qui a fermé il y a
deux ans.
Les autorités, qui tentent depuis peu d'anticiper
l'inexorable épuisement des réserves de
pétrole du Gabon, espèrent voir se multiplier
des projets industriels de transformation locales des
ressources naturelles à l'image du CIM.
Elle n'ont d'ailleurs pas hésité le jour
de l'inauguration du complexe de Moanda à inviter la
COMILOG à réfléchir à la
construction d'une usine de ferro-manganèse,
première étape dans la fabrication des
alliages et nouveau rêve de développement.
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