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Le Gabon, victime depuis
quelques années de l'épuisement progressif de
ses ressources en pétrole, place aujourd'hui de
grands espoirs dans la recherche par les compagnies
pétrolières de nouveaux gisements, même
mineurs, pour enrayer le déclin de sa production.
Depuis 1998, la quantité de brut extraite
au Gabon est passée de 18,5 millions de tonnes
(Mt) à 13,5 Mt en 2000, réduisant du
même coup les recettes pétrolières, de
loin le premier poste budgétaire de ce petit pays du
golfe de Guinée.
L'année 2001 aurait, elle aussi, connu une
baisse, de 11,3 Mt de pétrole selon les
prévisions officielles de l'Etat, si la compagnie
Elf-Gabon n'avait mis en production le 3 mars dernier
un nouveau gisement de pétrole situé dans la
province de l'Ogooué Maritime, une région
côtière du sud du Gabon où est
exploité l'essentiel du pétrole gabonais.
Baptisé Atora, ce gisement de taille moyenne
devrait rapidement fournir près de 20.000 barils par
jour (b/j) à son opérateur et à ses
deux partenaires, l'anglo-néerlandais
Shell-Gabon et l'américain Amerada
Hess, pour une espérance de vie estimée
à dix ans.
Au cours de la cérémonie de mise en
service de la production d'Atora, le ministre gabonais du
Pétrole, Paul Toungui, a estimé que ce
gisement était non seulement "loin d'être
négligeable", mais qu'il redonnait aussi l'espoir de
retarder durablement le déclin pétrolier.
Découvert en 1997, Atora représente en
effet le premier gisement de cette taille à avoir
été trouvé au Gabon depuis la
découverte par Shell-Gabon de l'énorme champ
de "Rabi" en 1985 et de Coucal Avocette deux ans plus tard.
"Aujourd'hui, tous les gisements faciles ont
été trouvés", rappelle le directeur
pour l'exploration et la production du groupe
TotalFina-Elf, Jean-Luc Vermeulen,
modérant l'enthousiasme de ceux qui imaginent
déjà le retour du Gabon à son ancien
statut de "petit émirat africain".
La découverte de gisements rentables, notamment
sur des champs déjà en exploitation, reste
néanmoins encore possible grâce aux derniers
procédés d'exploration sismique et de
traitement des données mis en oeuvre dans le cas
d'Atora, estiment les experts.
"Nous sommes déjà dans une phase
d'optimisation sans précédent", note de son
côté le Pdg de Shell-Gabon, Jean-Pierre
Tallon, dont la compagnie travaille depuis plus d'un an
à améliorer la production sur ses champs
déjà en exploitation.
"Sur Rabi, il y a encore 1,1 milliard de barils sous
terre, mais les transformer en réserves exploitables
nécessite beaucoup d'ingéniosité",
ajoute-t-il un brin optimiste. Si la découverte et la
mise en production de gisements "marginaux", comme celui de
"Baudroie Nord Marine 8" en avril 2000 par Elf-Gabon (6.000
b/j), constituent sans nul doute un moyen de freiner le
déclin, le véritable espoir du Gabon
réside surtout dans les forages off-shore en eaux
profondes.
"Avec Atora, nous allons freiner le déclin
pendant plusieurs années, mais une inversion de
tendance ne serait possible que grâce à des
découvertes en off-shore profond", à plus de
1.500 mètres sous la surface de la mer, confie un
spécialiste de TotalFina-Elf.
Encouragées par les autorités gabonaises
et le prix élevé du baril, les
sociétés pétrolières du pays
vont lancer en 2001 une campagne d'exploration
exceptionnelle avec le forage d'au moins une dizaine de
puits, dont plusieurs en off-shore profond. Dans les trois
mois à venir, Elf-Gabon va notamment réaliser
une première mondiale en forant deux puits à
environ 2.500 mètres de profondeur sur le bloc
Astrid-Marin, situé à l'extrême sud du
Gabon.
Ces puits en off-shore "très profond", s'ils
débouchaient sur la découverte de gisements de
tailles similaires à ceux du Congo-Brazzaville et de
l'Angola, ouvriraient alors, selon les mots de M. Vermeulen
"une nouvelle page dans l'aventure déjà
très riche du pétrole au Gabon".
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