- A moins de deux mois
des législatives au Gabon, le ministre de
l'Intérieur Antoine Mboumbou Miyakou est sur
la sellette, des partis politiques lui reprochant de ne
pas réunir les conditions de la transparence
promise pour ces élections.
- En prévision du scrutin, prévu les 2 et
16 décembre, le président Omar Bongo
avait pourtant réuni le 20 août dernier les
représentants des partis de la majorité et
de l'opposition. "Nous avons fait ce qu'il fallait pour
que les élections de décembre prochain se
déroulent dans la transparence", s'était
félicité le président Bongo à
l'issue de cette réunion.
- Parmi les initiatives prises à cette occasion
figurait en bonne place une révision
exceptionnelle des listes électorales, du 1er au
31 septembre. Or, selon ses détracteurs,
l'opération, placée sous la
responsabilité du ministère de
l'Intérieur, a pris du retard et n'est pas
menée correctement.
- Il est de notoriété publique qu'il y a
du tirage entre le ministre d'Etat, cacique du
régime du président Bongo, et le
président de la Commission nationale
électorale (CNE), M. Gilbert Ngoulakia,
un magistrat qui a fait à plusieurs reprises un
rappel public de la loi électorale.
- D'autres personnalités politiques sont
allées plus loin. Le vice-président du
Parti Gabonais du Progrès (PGP),
Benoît-Joseph Mouity Nzamba, a
dénoncé ces derniers jours "les menaces que
font planer sur la transparence électorale ces
responsables qui s'emploient à contourner les
règles établies d'un commun accord". Il a
notamment cité le nom d'un préfet du sud du
pays qui, selon le quotidien pro-gouvernemental
"L'Union", "refuse systématiquement d'inscrire les
noms de personnes en âge de voter si celles-ci ne
montrent pas patte blanche, c'est à dire
être des proches des candidats du ministre d'Etat
Mboumbou Miyakou".
Quand un ministre ne peut s'inscrire sur les listes
électorales þ
- Parmi ces électeurs écartés des
urnes figure même la ministre de la Famille et de
la Promotion de la femme, Angélique Ngoma,
pourtant députée sortante du parti du
président, le PDG (Parti Démocratique
Gabonais), dont le nom avait disparu des listes
électorales. "Il s'agissait d'une erreur qui a
été réparée", a assuré
M. Mboumbou-Miyakou.
- "Y a-t-il deux PDG désormais, celui du
ministre de l'Intérieur, qui investit ses propres
députés, et celui du chef de l'Etat Omar
Bongo?", s'interroge "L'Union" avant de poser une seconde
question: "l'électorat proche de l'opposition
a-t-il aussi perdu le droit de vote?". Et d'ajouter: "la
confusion est à son comble, l'ambiance
délétère".
- "On s'interroge de plus en plus au sein de la
famille judiciaire et même dans certains
états-majors politiques sur l'urgence d'une
disqualification du ministère de
l'Intérieur que dirige le ministre d'Etat Antoine
Mboumbou Miyakou à poursuivre l'opération
de révision des listes électorales", a
encore écrit L'Union. Mauvais signe pour le
ministre, quand on sait que l'Union sert à
préparer les décisions prises en haut lieu,
en l'occurrence par Omar Bongo lui-même. Le
directeur de publication, Germain Ngoyo Moussavou,
est candidat du PDG dans la province de la Nyanga, fief
électoral du ministre de l'Administration
territoriale.
Des partis empêchés d'être
légalisés
- Quatre petits partis politiques ont aussi
porté plainte contre le ministre de
l'Intérieur, qu'ils accusent d'entraver leur
légalisation définitive, dans la
perspective des législatives. Il s'agit de
L'Union nationale des forgerons (Unaf), de la
Cause commune pour le développement du Gabon
(CCDG), du Mouvement africain pour le renouveau
social (MARS) et du Parti pour le
développement national (PND), inconnus sur la
scène politique gabonaise mais
considérés comme proches de la mouvance
présidentielle.
- Selon l'Union (encore !), ces formations ont
déposé plainte contre le ministre de
l'Intérieur, Antoine Mboumbou Miyakou, pour
"violation de la loi relative aux partis politiques
à travers des actes arbitraires ou
illégaux". (avec AFP)
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