- Une dizaine de partis
politiques de l'opposition persistent dans leur
contestation des élections législatives des
9 et 23 décembre en annonçant un "boycott
actif" de ce scrutin dont ils réclament le report
pour plus de "transparence".
- Déçus du message du président
Omar Bongo, qui a confirmé la tenue du scrutin
aux dates prévues et lancé une mise en
garde aux tenants du boycott, ces partis ont
décidé de suspendre leur participation
à la Commission nationale électorale
(CNE) et à ses divers échelons
locaux.
- Cette frange de l'opposition a également
décidé "la suspension immédiate de
toutes les candidatures dans toutes les circonscriptions
électorales" et demande "à la CNE de
retirer tous les bulletins à l'effigie de leurs
candidats".
- "Nous allons sensibiliser la population pour qu'elle
ne prenne pas part aux législatives et, s'il le
faut, nous irons jusqu'à empêcher la tenue
du scrutin", a menancé le président de l'un
des ces partis, Pierre Mamboundou.
- Pour le chef de l'Union du peuple gabonais,
"aucun délai légal qui émaille le
processus électoral n'a été
respecté".
- Quant au "toilettage" des listes électorales,
qui font apparaître selon l'opposition un
collège électoral de 778.000
électeurs pour une population de seulement
1.048.000 personnes, "il ne sera jamais respecté
pour le 9 décembre", a-t-il estimé.
- Admettant implicitement l'existence de "doublons" sur
les listes confectionnées par le ministère
de l'Intérieur au premier trimestre 2001 puis
révisées du 15 septembre au 21 octobre, la
CNE a promis d'établir de nouvelles listes
définitives d'ici le 3 décembre avant de
procéder à une redistribution des cartes
d'électeurs.
- Le code électoral prévoit pourtant la
clôture des listes 30 jours avant le scrutin,
tandis que la distribution des cartes devrait être
achevée 15 jours avant le premier tour des
législatives, prévu maintenant dans moins
de deux semaines.
- Fort de ces entorses à la loi, les partisans
du boycott réclament donc à corps et
à cris un report du scrutin par la CNE, balayant
au passage la date-butoir fixée au 27
décembre 2001 par la Cour Constitutionnelle pour
le renouvellement des 120 sièges de
l'assemblée nationale.
- La décision d'entreprendre un boycott pourrait
néanmoins desservir les partis concernés si
le scrutin a bien lieu, au profit de la majorité
présidentielle forte de 97 députés
dans la législature sortante et qui s'est
lancée ardemment dans la campagne
électorale.
- Elle pourrait également profiter aux quelques
partis de l'opposition qui se sont finalement
désolidarisés de la fronde, comme le
Rassemblement national des Bûcherons du maire de
Libreville, Paul Mba Abessole, (RNB/RPG, 6
députés), ou le Parti social
démocrate (PSD, 1 député)
de Pierre-Claver Maganga Moussavou.
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