N° 240
du 30/11/2001

Gabon


Une partie de l'opposition
se lance dans le "boycott actif" des législatives

Une dizaine de partis politiques de l'opposition persistent dans leur contestation des élections législatives des 9 et 23 décembre en annonçant un "boycott actif" de ce scrutin dont ils réclament le report pour plus de "transparence".
Déçus du message du président Omar Bongo, qui a confirmé la tenue du scrutin aux dates prévues et lancé une mise en garde aux tenants du boycott, ces partis ont décidé de suspendre leur participation à la Commission nationale électorale (CNE) et à ses divers échelons locaux.
Cette frange de l'opposition a également décidé "la suspension immédiate de toutes les candidatures dans toutes les circonscriptions électorales" et demande "à la CNE de retirer tous les bulletins à l'effigie de leurs candidats".
"Nous allons sensibiliser la population pour qu'elle ne prenne pas part aux législatives et, s'il le faut, nous irons jusqu'à empêcher la tenue du scrutin", a menancé le président de l'un des ces partis, Pierre Mamboundou.
Pour le chef de l'Union du peuple gabonais, "aucun délai légal qui émaille le processus électoral n'a été respecté".
Quant au "toilettage" des listes électorales, qui font apparaître selon l'opposition un collège électoral de 778.000 électeurs pour une population de seulement 1.048.000 personnes, "il ne sera jamais respecté pour le 9 décembre", a-t-il estimé.
Admettant implicitement l'existence de "doublons" sur les listes confectionnées par le ministère de l'Intérieur au premier trimestre 2001 puis révisées du 15 septembre au 21 octobre, la CNE a promis d'établir de nouvelles listes définitives d'ici le 3 décembre avant de procéder à une redistribution des cartes d'électeurs.
Le code électoral prévoit pourtant la clôture des listes 30 jours avant le scrutin, tandis que la distribution des cartes devrait être achevée 15 jours avant le premier tour des législatives, prévu maintenant dans moins de deux semaines.
Fort de ces entorses à la loi, les partisans du boycott réclament donc à corps et à cris un report du scrutin par la CNE, balayant au passage la date-butoir fixée au 27 décembre 2001 par la Cour Constitutionnelle pour le renouvellement des 120 sièges de l'assemblée nationale.
La décision d'entreprendre un boycott pourrait néanmoins desservir les partis concernés si le scrutin a bien lieu, au profit de la majorité présidentielle forte de 97 députés dans la législature sortante et qui s'est lancée ardemment dans la campagne électorale.
Elle pourrait également profiter aux quelques partis de l'opposition qui se sont finalement désolidarisés de la fronde, comme le Rassemblement national des Bûcherons du maire de Libreville, Paul Mba Abessole, (RNB/RPG, 6 députés), ou le Parti social démocrate (PSD, 1 député) de Pierre-Claver Maganga Moussavou.


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