N° 243
du 18/01/2002

Gabon


Magnanime
Après le "triomphe" de son parti aux législatives,
Omar Bongo appelle ses opposants au gouvernement
Le Père Paul Mba Abessole y court

Le président gabonais Omar Bongo a évoqué l'idée d'un gouvernement d'ouverture qui associerait l'ensemble des "forces vives de la Nation". "Je veux que le Gabon marche bien. La gestion de l'Etat doit être collective", a déclaré le président Bongo lors de la présentation de ses voeux au corps diplomatique pour l'année 2002.
Le discours du chef de l'Etat a eu lieu après la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats des législatives des 9 et 23 décembre qui ont vu la victoire écrasante de sa formation, le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir).
Au premier rang des concernés, le maire de la capitale, Paul Mba Abessole, qui prône depuis plusieurs années une "démocratie conviviale", sans cacher maintenant son désir de participer à la gestion de l'Etat.
Après une petite réflexion de huit jours, par décence sans doute, le parti de Mba Abessole, le Rassemblement national des Bûcherons/Rassemblement pour le Gabon (RNB/RPG), a accepté de participer à un "gouvernement d'ouverture" au terme d'un congrès extraordinaire
Pour la première fois depuis l'éphémère gouvernement formé après les premières législatives multipartites de 1990, la formation de M. Mba Abessole devrait donc voir bientôt entrer plusieurs de ses membres dans le prochain exécutif gabonais. Le RNB/RPG "va être dans quelques jours dans la majorité républicaine", a lancé devant plusieurs centaines de cadres et de militants le maire de Libreville.
Pour justifier ce virage politique auprès de partisans parfois déconcertés, il a expliqué que le Gabon se trouvait "dans une situation de crise politique, sociale, économique et culturelle" aiguë qu'"aucun camp ne peut résoudre tout seul".
"A circonstances exceptionnelles, décisions exceptionnelles", a-t-il dit, avant de demander à ses militants de "travailler d'arrache-pied, aussi bien au gouvernement qu'au sein des structures de l'Etat".
Le parti de M. Mba Abessole, dominée par l'ethnie Fang, majoritaire au Gabon, a également répondu favorablement à l'appel lancé par le chef de l'Etat le 1er janvier pour une "réflexion commune" et "des décisions consensuelles" sur le fonctionnement de la démocratie, notamment dans le domaine des élections.
 
Ecrasante majorité parlementaire pour le PDG
Le PDG a remporté 85 des 120 sièges de l'Assemblée nationale, contre 13 pour l'opposition, tandis que 12 "indépendants", pour la plupart transfuges du PDG, et cinq candidats de la majorité présidentielle se sont fait élire.
Trois députés ont été élus lors de partielles organisées le dimanche 6 janvier, en raison des violences qui ont émaillé le premier tour des législatives, le 9 décembre.
Un candidat du Rassemblement national des Bûcherons (RNB-RPG, opposition) a remporté le dernier siège à pourvoir dans la commune de Libreville, renforçant ainsi la position du parti du maire de la capitale, Paul Mba Abessole, qui compte désormais 7 élus à l'Assemblée nationale.
Un second siège, dans la province de la Ngounié (sud), a été gagné par un indépendant.
Un membre de l'Alliance démocratique et républicaine (ADERE, majorité présidentielle) a remporté le troisième siège à pourvoir, dans la province de l'Ogooué-Maritime (sud-ouest).
Quatre sièges restent encore à pourvoir. Un "troisième tour" de scrutin sera organisé le 20 janvier dans deux circonscriptions où les candidats ont obtenu, fait inédit au Gabon, égalité de voix au second tour.
Un nouveau second tour est également prévu à la même date dans une localité proche de Libreville en raison de violence exercées sur un candidat.
Le second tour d'une circonscription du département de la Zadié (nord-est) a par ailleurs été reporté sine die en raison d'une épidémie de fièvre hémorragique de type Ebola qui a déjà fait 17 morts.


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