N° 244
du 06/02/2002

Gabon


Dans la foulée des législatives
Le Premier ministre, reconduit,
fait entrer des opposants au gouvernement

Le Premier ministre gabonais, Jean-François Ntoutoume Emane, a été reconduit dans ses fonctions par le président Omar Bongo le 26 janvier, et formé dès le lendemain un nouveau gouvernement dit "d'ouverture", dans lequel quatre opposants font leur entrée.
 
L'opposant historique au président Omar Bongo, le député-maire de Libreville, Paul Mba Abessole, devient ministre d'Etat, ministre des Droits de l'Homme, chargé de mission, tandis que deux cadres de son parti, le Rassemblement national des bûcherons (RNB/RPG), intègrent aussi le gouvernement.
Le quatrième opposant à entrer au gouvernement est le président du Parti social démocrate (PSD, opposition), Pierre Claver Maganga Moussavou, nommé ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et du Développement rural.
Cette nouvelle équipe devra mettre l'accent sur la "lutte contre la pauvreté, la lutte contre la corruption et la réinsertion sociale, qui sont des préoccupations majeures du chef de l'Etat", a déclaré le Premier ministre Ntoutoume Emane.
Les ministères-clefs des Affaires étrangères et de la Défense restent aux mains de leurs titulaires précédents, respectivement Jean Ping et Ali Bongo, fils du chef de l'Etat.
 
Outre l'entrée d'opposants, ce "gouvernement d'ouverture" voulu par le président Omar Bongo, malgré la très large victoire de son camp aux élections législatives de décembre dernier, est marqué par un jeu de chaises musicales.
Paul Toungui, ancien ministre des Mines, de l'Energie, du Pétrole et des Ressources hydrauliques, devient ministre d'Etat, chargé de l'Economie, des Finances du Budget et de la Privatisation, à la place d'Emile Doumba, nommé ministre de l'Economie forestière, des Eaux, de la Pêche, chargé de l'Environnement.
L'ancien ministre des Transports, le général Idriss Ngari est nommé ministre de l'Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation, à la place d'Antoine de Padoue Mboumbou Miyakou, promu vice-Premier ministre, ministre de la Ville.
 
Le Parti gabonais du progrès (PGP, 3 députés) du député-maire de la cité pétrolière de Port-Gentil, Pierre-Louis Agondjo Okawe, et l'opposant radical Pierre Mamboundou, président de l'Union du peuple gabonais (UPG), ont catégoriquement refusé de participer à ce gouvernement.
 
M. Ntoutoume Emane, 62 ans, originaire de la Province de l'Estuaire, d'ethnie Fang, avait été nommé le 23 janvier 1999 à la tête d'un "gouvernement d'initiative et de combat", dans la foulée de la réélection d'Omar Bongo à la présidentielle de 1998. Fidèle d'Omar Bongo, et diplômé en Sciences politiques de l'Université de Jussieu (Paris), M. Ntoutoume Emane a occupé auparavant plusieurs postes de ministre.
De 1976 à 1990, il avait été conseiller personnel du président Bongo, au pouvoir depuis 1967.
 
Guy Nzouba-Ndama, reconduit président de l'Assemblée
 
Le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba-Ndama, a été reconduit fin janvier dans ses fonctions.
Cent onze parlementaires ont voté pour M. Nzouba-Ndama, un contre lui et sept se sont abstenus, lors de l'élection du nouveau bureau de l'Assemblée.
Ce nouveau bureau compte, outre son président, 14 membres dont dix issus des rangs du PDG, deux de partis de la mouvance présidentielle, et deux opposants.


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