N° 263
du 29/01/2003

Gabon


Remaniement “cadeau” pour l’ex-opposant Mba Abessole,
battu à la mairie de Libreville

Le remaniement ministériel technique auquel a procédé le 21 janvier le président, Omar Bongo, récompense le virage politique de son ex-opposant historique, Paul Mba Abessole, élevé au rang de vice-Premier ministre.
Cette promotion consacre l’ancrage au sein de la mouvance présidentielle de l’ancien maire de la capitale et ancien prêtre qui a incarné l’espoir des partisans du changement au début des années 1990, avec son slogan “Ecole cadeau, hôpital cadeau”, avant de devenir apôtre d’une opposition “conviviale”.
Le leader du Rassemblement national des Bûcherons/Rassemblement pour le Gabon (RNB-RPG) avait fait son entrée au gouvernement en janvier 2002, comme ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme. Pendant un an, il a surtout brillé par son mutisme à cette fonction. Pas une dépêche des grandes agences de presse, qui ont pourtant toutes leur bureau régional à Libreville, n’a fait état de la moindre action ou décision de monsieur le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme.
Il conserve ce portefeuille symbolique mais est élevé au rang de vice-Premier ministre et hérite en plus du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement rural, un secteur économique complètement embryonnaire, voire inexistant au Gabon qui ne “vit“ que grâce au pétrole.
Cette gratification intervient paradoxalement alors qu’il vient de perdre la mairie de Libreville, à l’issue des élections municipales de décembre, marquées par un net recul de son parti par rapport à celles de 1996.
Au ministère de l’Agriculture, Paul Mba Abessole remplace le chef du Parti social démocrate (PSD), Pierre-Claver Maganga Moussavou, un opposant entré comme lui en 2002 au “gouvernement d’ouverture” formé par le président Bongo après les législatives de décembre 2001.
Pierre-Claver Maganga Moussavou limogé, paye en fait, sa contestation des résultats des municipales à Mouila (sud-ouest), où son parti vient de perdre la mairie.

En dehors de cette nomination “cadeau”, le remaniement ministériel apparaît de portée limitée. Le chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, est une nouvelle fois maintenu à la tête d’une équipe portée à 43 membres, comme tous les titulaires des postes clés. Deux nouveaux venus font leur entrée au gouvernement.
Mehdi Teale, 52 ans, ex-directeur-adjoint du cabinet privé du président, qui ambitionnait la mairie de Libreville, est nommé ministre de la Communication, des Postes et des Technologies de l’information, en remplacement de André Dieudonné Berre, élu dimanche maire de Libreville.
Jean Norbert Diramba, 40 ans, député de Mouila, est nommé ministre délégué auprès du vice-Premier ministre, en charge de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement rural, chargé des Droits de l’Homme.
Il succède à François Engongah Owono, nommé ministre délégué auprès du ministre de l’Economie forestière, des Eaux et de la Pêche, chargé de la Protection de la nature.


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