N° 289
du 09/03/2004


Guinée Equatoriale

Interpellations massives de ressortissants africains à Malabo
Les forces de l’ordre, tous corps confondus, ont procédé le week-end du 7 mars à des arrestations massives de ressortissants africains à Malabo. Policiers, gendarmes et militaires, armés de fusils d’assaut Kalachnikov ont patrouillé dans les rues, perquisitionnant des domiciles et procédant à des arrestations de ressortissants étrangers d’origine africaine.
Des militaires ont aussi interdit toute circulation sur les axes menant aux ambassades du Cameroun et du Nigeria, tandis que d’autres étaient postés devant le consulat du Bénin.
Au marché central de Malabo, les commerces tenus par des ressortissants ouest-africains, notamment nigérians, ghanéens et béninois étaient fermés.
«La présence des militaires dans les rues obéit à un simple contrôle de clandestins. On est en train de localiser tous les étrangers en situation irrégulière», a déclaré le conseiller chargé des missions spéciales du président, Miguel Oyono Ndong Mifumu.
Comparant cette situation à celle qui prévaut dans le détroit de Gibraltar, il a souligné que «les Gardes civils espagnols (y) veillent jour et nuit sur les immigrants en provenance du Maroc. Pourquoi nous ne le ferions pas non plus ici?». «Nous avons épuisé toutes les voies de persuasion, d’explications aux pays d’où sont originaires ces clandestins pour qu’ensemble nous voyions la manière de contrôler cette immigration clandestine, mais nous n’obtenons pas une coopération efficace avec les pays voisins», a regretté M. Oyono.
Expliquant la présence des militaires aux alentours de certaines ambassades africaines à Malabo, M. Oyono a affirmé qu’il s’agissait de leur «garantir une protection policière».
«L’ambassade du Cameroun a demandé l’appui des forces de l’ordre pour la protection de sa chancellerie, puisque à chaque fois qu’il y a un contrôle, les Camerounais envahissent leur ambassade où ils causent des dégâts et parfois menacent l’ambassadeur», a-t-il ajouté.
Interrogé sur l’éventuelle expulsion des clandestins interpellés il a expliqué «qu’il ne s’agit pas de les expulser d’une manière systématique, mais de procéder à la régularisation de la situation de ceux dont la présence est justifiée dans le pays».
Selon lui, des sociétés privées, qu’il a nommément citées, font venir une main d’œuvre étrangère en situation irrégulière et «une fois leur travail terminé ici ces personnes ne retournent pas toujours dans leur pays».

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