- Le ramassage et légrenage du coton centrafricain, reporté depuis plusieurs mois pour des problèmes logistiques, va être effectué cette année avec laide du Tchad et du Cameroun, a annoncé le ministre centrafricain de lagriculture, Pierre Gbianza.
«Le coton du Nord va être ramassé par Coton Tchad et celui du Nord-Ouest par la société camerounaise Sodécoton», a précisé le ministre.
Ces deux sociétés procèderont également à légrenage du coton dans leurs usines respectives de Doba et Sahr (Tchad) ainsi que de Garoua (Cameroun).
La RCA a aussi demandé à Coton Tchad de lui vendre des semences pour cette saison. Le coton doit être semé entre le 10 et le 30 juin, au plus tard le 5 juillet en RCA, pour des raisons de pluviométrie.
Estimée, selon le ministre, entre 20.000 et 30.000 tonnes, la récolte 2002-2003 na toujours pas été ramassée malgré le début de la saison des pluies.
Les installations à Bossangoa (nord) de la Socadetex (Société centrafricaine de développement textile) ont été entièrement pillées (usine dégrenage et véhicules notamment). Cette région était occupée doctobre à mars par la rébellion du général Bozizé.
Les nouvelles autorités entendent relancer lagriculture, en particulier le coton dont la production atteignait 50 à 60.000 tonnes dans les années 1970.
Pour cela, il faut dabord remotiver les producteurs en apurant les comptes, souligne le ministre. «Seulement la moitié de la récolte 2001-2003 leur a été payée et ils attendent toujours le solde qui sélève à 1,8 milliard FCFA (2.74 millions EUR)», a précisé M. Gbianza.
Le coton, lune des deux principales cultures avec le café, est généralement associé à des cultures vivrières en RCA.
Les nouvelles autorités nourrissent lambition de faire de lagriculture, abandonnée à elle-même depuis des années en dépit de ses énormes potentialités, le fer de lance de léconomie nationale.
Axée principalement sur les cultures de rente, lagriculture centrafricaine, qui emploie 80% de la population active, dispose de potentialités exceptionnelles : un climat chaud et humide, des terres fertiles dont à peine un cinquième est cultivé et une excellente pluviométrie renforcée par une abondance de rivières. Mais les handicaps sont nombreux.
M. Gbianza, ministre de lAgriculture et par ailleurs ingénieur agronome de formation, estime quil faut «commencer par relancer les productions et moderniser toutes les filières».
«Plusieurs contraintes freinent son développement, détaille le ministre : une certaine démotivation des producteurs, labsence de structures de vulgarisation auprès du monde rural, pas dinstitut de recherches - doù problème de fourniture de semences améliorées -, absence dun organisme de crédit rural ou dun système de micro-finances pour les paysans».
La production de café, qui atteignait à une époque entre 14.000 et 18.000 tonnes de café cerises par an, «elle est maintenant quasiment inexistante. Nous voudrions dépasser les 20.000 tonnes dici 4 ou 5 ans», assure M. Gbianza. A lexception du riz, le pays est autosuffisant pour les cultures vivrières (manioc, mil, sorgho, maïs, arachide).
Restent les cultures industrielles, canne à sucre et huile de palme, toutes deux en difficulté. Pour le sucre, le principal problème provient «dimportations frauduleuses très importantes» qui entraînent une «concurrence déloyale» pour la production locale, en mesure de fournir plus de la moitié des 22.000 tonnes consommées chaque année.
Une seule société, Centrapalm, produit lhuile de palme à partir dune «plantation vieillissante» et «son prix de vente est inférieur au prix de revient». Elle doit faire face à des importations venues de RD Congo, non seulement frauduleuses, mais souvent dangereuses pour la santé (conditionnement dans des fûts ayant contenu des insecticides, par exemple).
Dans limmédiat, la fin de linsécurité dans les régions affectées par les combats apparaît comme un préalable à toute relance. De nombreux paysans nont toujours pas regagné leurs villages, ce qui entraîne une rareté des produits de base sur les marchés du nord et du nord-ouest du pays. De même faut-il remplacer les bufs utilisés pour la culture attelée, volés durant les combats.
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