Le gouvernement de CENTRAFRIQUE
formé le 16/04/2000

Remaniement sous pressions du gouvernement

Le Premier ministre centrafricain Anicet-Georges Dologuélé a procédé dans la nuit du 16 avril à un remaniement partiel de son gouvernement, sous la double pression de l'opposition parlementaire et de son parti. Aucun grand portefeuille ne change de titulaire au terme de ces "retouches" qui interviennent en plein climat de scandales politico-financiers et fait la part belle au Mouvement de libération du Peuple centrafricain (MLPC, au pouvoir). Il se traduit notamment par la nomination au ministère de la Justice d'un magistrat, Antoine Grothe, qui remplace Denis Wangao Kizimalé, et par la démission de deux ministres accusés d'avoir loué leurs véhicules de fonction. Un nouveau secrétariat d'Etat au Désarmement est confié à Michel Dognese, ancien député de l'opposition ralié au pouvoir. Le ministre de l'Equipement et de l'Aménagement du Territoire, Aristide Sokambi (démissionnaire), est remplacé par Joseph Kalité (député MLPC). Le ministre de la Fonction publique et de l'Emploi, Godeffroy Mokamanede (société civile - démissionnaire) cède sa place à M. Kizimalé. Les deux ministres démissionnaires ont réfuté avoir loué leur véhicules de fonction à des tierces personnes mais fait savoir que dans ce contexte ils ne souhaitaient plus participer à l'action du gouvernement. Le ministère de l'Agriculture et de l'Elevage se transforme en ministère d'Etat chargé de la Promotion du monde rural. Il est confié à Gabriel Doté Badékara, un proche du chef de l'Etat, en remplacement de Daniel Emery Dédé qui devient ministre de l'Environnement, Eaux, Forêts, Chasse, Pêche. L'ex-titulaire de ce poste, Jean-Baptiste Nouganga, quitte le gouvernement. Enfin, au ministère de l'Urbanisme et des Edifices publics, André Nalké (MLPC), remplace Armand Sama. Ce remaniement technique intervient alors que l'opposition centrafricaine et le bureau exécutif et le MLPC avaient demandé la démission du gouvernement Dologuélé-2, nommé le 2 novembre 1999.

Une motion de censure déposée par l'opposition a toutefois été rejetée par l'Assemblée.

A noter que c'est un gouvernement où l'on "promouvra" beaucoup, comme l'indique l'intitulé de certains ministères : "Promotion du secteur privé", "Promotion du monde rural", "Promotion de la famille et des personnes handicapées", "Promotion de la Culture civique"þ

Le gouvernement de la République centrafricaine, remanié le 16 avril 2000

Premier ministre, Chef du gouvernement, ministre de l'Economie, des Finances, du Plan et de la Coopération internationale: Anicet-Georges Dologuélé

Ministères:

  • Affaires étrangères et Francophonie: Marcel Metefara
  • Défense: Jean-Jacques Demafouth
  • Justice: Antoine Grothe (nouveau)
  • Intérieur: Maurice Regonessa remplacé le 15 décembre 2000 par Théodore Bikoo, membre du Parti libéral démocrate (2 députés) qui appartient à la majorité présidentielle)
  • Education nationale: Eloi Anguimate
  • Enseignement supérieur et Recherche scientifique: Timoléon Mbaikoua
  • Commerce et Industrie et promotion du secteur privé: Jean-Baptiste Koyassambia
  • Mines et Energie : André Latou
  • Promotion du monde rural: Gabriel Dote Badekara (nouveau)
  • Transports et Aviation civile: Désiré Pendemon
  • Fonction publique et Emploi: Denis Wangao Kizmalé (change de poste)
  • Affaires sociales, Promotion de la famille et des personnes handicapées: Rachel Dea Nambona
  • Poste et Télécommunications: Jean Bruno Vickos
  • Jeunesse et Sports: Bernard Yoro
  • Communication : Francis Albert Ouakanga
  • Environnement, Eaux, Forêts, Chasse, Pêche: Daniel Emery Dédé (Change de poste)
  • Tourisme : Nathalie Constance Gounebana
  • Equipement, Aménagement du territoire et Urbanisme: Joseph Kalité (nouveau)
  • Urbanisme et Edifices publics: André Nalké (nouveau) Santé publique et Population: Richard Lakoue
  • Promotion de la Culture civique, chargé des relations avec le Parlement: Agba Otikpo Me Zode
  • Affaires présidentielles: Michel Gbezera Bria
  • Ministre délégué chargé des relations avec le monde arabe: Bello Mamadou
  • Ministre délégué aux Finances: Théodore Dabanga Ministre délégué à l'Economie: Jacob Mbaïtadjim

Secrétaire d'Etat:

  • Secrétaire d'Etat à l'Intérieur, chargé de la Sécurité publique : Robert Zana (un dignitaire du régime de l'empereur Jean-Bedel Bokassa (1966-79), sous lequel il a dirigé la police et été ministre de l'Intérieur. C'est dire s'il a de l'expérience)

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