N° 232
du 16/07/2001

Centrafrique


Beaucoup de monde
en garde à vue après la tentative de coup d'Etat

Début juillet, plus de 90 personnes soupçonnées d'être impliquées dans la tentative du coup d'Etat du 28 mai dernier étaient placées en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Bangui, a indiqué la commission chargée d'enquêter sur le putsch manqué.
"Il s'agit de militaires et de civils", a indiqué sans plus de précisions le président de cette commission, Joseph Bindoumi. Ces interpellations se font la plupart du temps sur de simples dénonciations verbales ou écrites.
Chargée de rassembler les preuves, rechercher les auteurs, co-auteurs, complices et receleurs de la tentative de coup d'Etat en vue de les traduire en justice, la commission d'enquête se tient aussi à la disposition de toute personne victime des violences du putsch manqué, a rappelé M. Bindoumi.
S'il a tenu à préciser que "la commission n'a rien contre les Yakomas", le groupe ethnique auquel appartient l'instigateur désigné du coup d'Etat, l'ancien chef de l'Etat André Kolingba, M. Bindoumi a néanmoins souligné que le général Kolingba "s'est appuyé particulièrement sur un cercle très proche des parents de l'ethnie pour réaliser son coup".
Un officier ministériel et notaire de l'Etat centrafricain, Me Pierre Abraham M'Bokani, yakoma de son état, a été arrêté dans le cadre de cette enquête, alors qu'au moment du coup, il se trouvait en France, selon sa famille.
Mise en place le 8 juin par arrêté ministériel, la "commission mixte d'enquête" comprend des magistrats et des officiers de l'armée, de la gendarmerie et de la police.
Sa mission doit s'achever avec le dépôt d'un procès-verbal d'enquête préliminaire dans un délai ne pouvant dépasser trois mois.

Création d'une commission d'enquête parlementaire

De leur côté, les députés ont mis en place une commission d'enquête parlementaire "chargée de faire la lumière" sur le putsch manqué du 28 mai et "d'élucider les circonstances" de la mort d'un député de l'opposition, en l'occurrence, Théophile Touba, député du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC, le parti d'André Kolingba), Son corps avait été retrouvé le 3 juin aux abords de la résidence du chef de l'Etat.
Selon ses proches parents, la dépouille de M. Touba était criblée de balles et portait des traces de tortures.
Les activités du RDC, premier parti de l'opposition avec à l'origine 20 députés sur un total de 109, ont été suspendues pendant trois mois par un arrêté ministériel. Les députés de cette formation ne participaient donc pas à cette commission d'enquête.


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