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Début juillet, plus
de 90 personnes soupçonnées d'être
impliquées dans la tentative du coup d'Etat du 28 mai
dernier étaient placées en garde à vue
dans les locaux de la gendarmerie de Bangui, a
indiqué la commission chargée d'enquêter
sur le putsch manqué.
"Il s'agit de militaires et de civils", a indiqué
sans plus de précisions le président de cette
commission, Joseph Bindoumi. Ces interpellations se
font la plupart du temps sur de simples dénonciations
verbales ou écrites.
Chargée de rassembler les preuves, rechercher les
auteurs, co-auteurs, complices et receleurs de la tentative
de coup d'Etat en vue de les traduire en justice, la
commission d'enquête se tient aussi à la
disposition de toute personne victime des violences du
putsch manqué, a rappelé M. Bindoumi.
S'il a tenu à préciser que "la commission n'a
rien contre les Yakomas", le groupe ethnique auquel
appartient l'instigateur désigné du coup
d'Etat, l'ancien chef de l'Etat André
Kolingba, M. Bindoumi a néanmoins souligné
que le général Kolingba "s'est appuyé
particulièrement sur un cercle très proche des
parents de l'ethnie pour réaliser son coup".
Un officier ministériel et notaire de l'Etat
centrafricain, Me Pierre Abraham M'Bokani, yakoma de
son état, a été arrêté
dans le cadre de cette enquête, alors qu'au moment du
coup, il se trouvait en France, selon sa famille.
Mise en place le 8 juin par arrêté
ministériel, la "commission mixte d'enquête"
comprend des magistrats et des officiers de l'armée,
de la gendarmerie et de la police.
Sa mission doit s'achever avec le dépôt d'un
procès-verbal d'enquête préliminaire
dans un délai ne pouvant dépasser trois mois.
Création d'une commission d'enquête
parlementaire
De leur côté, les députés ont
mis en place une commission d'enquête parlementaire
"chargée de faire la lumière" sur le putsch
manqué du 28 mai et "d'élucider les
circonstances" de la mort d'un député de
l'opposition, en l'occurrence, Théophile
Touba, député du Rassemblement
démocratique centrafricain (RDC, le parti
d'André Kolingba), Son corps avait été
retrouvé le 3 juin aux abords de la résidence
du chef de l'Etat.
Selon ses proches parents, la dépouille de M. Touba
était criblée de balles et portait des traces
de tortures.
Les activités du RDC, premier parti de l'opposition
avec à l'origine 20 députés sur un
total de 109, ont été suspendues pendant trois
mois par un arrêté ministériel. Les
députés de cette formation ne participaient
donc pas à cette commission d'enquête.
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