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Le ministre de la
Défense, Jean-Jacques Demafouth, a
été limogé le 26 août
étant soupçonné d'avoir fomenté
un coup d'Etat en marge de la tentative de putsch du 28 mai
dernier. Placé à la disposition de la justice,
il a été interrogé par la commission
nationale mixte d'enquête judiciaire, chargée
de faire la lumière sur la tentative de coup d'Etat.
Il est défendu par deux avocats, Me Mireille Doly
Gotiloguet et Me Nicolas Tiangaye.
Composée de magistrats, de gendarmes officiers de
police judiciaire et de militaires, la commission mixte a
été mise en place le 8 juin dernier. Elle
dispose de trois mois pour mener son enquête et
déférer éventuellement devant la
justice les personnes entendues. Depuis le début de
ses travaux, plus d'une centaine de personnes, civils et
militaires, ont été placées en
détention préventive. Le putsch manqué
et les dix jours de combats qui ont suivi ont fait 59 morts,
selon un bilan officiel, davantage en réalité.
Les soupçons dirigés contre M. Demafouth
rendent encore plus opaque la lecture des circonstances du
coup d'Etat avorté qui avait été
revendiqué par André Kolingba.
Demafouth aurait pu soit avoir été
tenté de prendre le train en marche pour son propre
compte, ou selon d'autres sources d'avoir lui-même
préparé un coup mais il aurait
été pris de cour par celui de Kolingba.
Alors que sa tentative de putsch semblait vouée
à l'échec, M. Kolingba avait proposé de
négocier avec les autorités, en proposant la
personne de M. Demafouth comme interlocuteur. Même si
ce choix du ministre de la Défense pouvait alors
paraître logique dans un contexte d'affrontements
armés, il apparaît aujourd'hui, aux yeux du
régime, comme un indice de plus.
La mise en cause de M. Demafouth réduit encore un
peu plus le cercle du pouvoir, compte tenu de ses liens
anciens avec le chef de l'Etat, qu'il avait suivi en exil
après la tentative de coup d'Etat de 1982 contre le
président Kolingba, imputée à M.
Patassé.
Né dans une famille modeste banda, une des deux
ethnies majoritaires de RCA, diplômé de Droit,
il avait regagné la RCA dans le sillage de M.
Patassé pour devenir son conseiller juridique
jusqu'en 1996-97. Il avait été appelé
en 1999 au poste sensible de ministre de la Défense,
pour restructurer une armée divisée depuis les
trois mutineries de 1996-97.
Pierre Angoa, jusqu'alors préfet de la Ouaka
(est), succède à M. Demafouth.
Outre le limogeage de M. Demafouth, le président a
remanié tous les postes sécuritaires.
M. Robert Zana, ancien ministre
délégué à la
Sécurité publique, conserve son rang et se
voit nommer directeur général adjoint de la
Documentation générale de l'Etat (DGDE,
renseignement), selon ce décret.
Robert Zana est remplacé par Cyrus Emmanuel
Sandy, ancien ministre de la Jeunesse et membre du
Mouvement pour la libération du peuple centrafricain
(MLPC, au pouvoir).
Michel Doyéné, ancien ministre
délégué au Désarmement conserve
également son rang et devient conseiller
présidentiel au Désarmement. Il est
remplacé par le général de brigade
Xavier Sylvestre Yangongo, jusqu'à présent
inspecteur des forces armées).
Le ministre de l'Intérieur, Théodore
Bikoo, est limogé et remplacé par
Joseph Mozoulé.
En dehors de ces changements, quatre postes de ministres
délégués ont été
créés. Marguerite Koffio a
été nommée ministre
déléguée à la Francophonie,
Binga Bassoukpalo, ministre
délégué à l'Equipement,
André Ringui le Gaillard, ministre
délégué à l'Education nationale
et Jean-Michel Mandaba, ministre
délégué à l'Environnement et au
Tourisme.
Le Premier ministre Martin Ziguélé
a été reconduit dans ses fonctions.
Enfin, le président Patassé a nommé
un magistrat, Paul Morombaye, directeur
général de la gendarmerie centrafricaine. Il
succède au général François
Ndjadder, tombé sous les balles des putschistes.
Il sera épaulé par le colonel Mathieu
Louganga, nommé directeur général
adjoint de la gendarmerie. M. Louganga avait
été chef de cabinet de Jean-Jacques Demafouth.
Ancien conseiller spécial à la
présidence chargé de la sécurité
civile, Jean-Claude Dobanza a été
nommé à la tête de la Documentation
générale de l'Etat (DGDE, renseignements),
tandis que le préfet de la région de Bangui,
Mme Lydie Florence Ndouba, devient secrétaire
générale adjointe du ministre de
l'Intérieur.
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