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C'est une petite cassette
qui est actuellement l'objet de toutes les
spéculations en Centrafrique. Sur cette cassette,
l'enregistrement d'une conversation
téléphonique, réalisé le 26
juillet, au cours de laquelle l'ex-ministre centrafricain de
la Défense, Jean-Jacques Démafouth,
demande une aide militaire à une personne se
présentant comme Jean-Pierre Bemba, chef du
Mouvement pour la libération du Congo (MLC).
La personne (Bemba ?) refuse d'accéder à cette
demande, la jugeant trop risquée. La seule certitude
que peuvent avoir les rares personnes à avoir
auditionner cet enregistrement c'est qu'il s'agit à
peu près sûrement de la voix des deux
intéressés. Le reste ? Manipulation ou non de
l'enregistrement, c'est une autre histoire.
Forte de cette "preuve", la justice centrafricaine accuse
donc explicitement Jean-Jacques Démafouth d'avoir
tenté de comploter avec le chef rebelle congolais
Jean-Pierre Bemba pour prendre le pouvoir.
Alors que Jean-Pierre Bemba avait envoyé au mois de
mai dernier ces hommes pour soutenir le président
Patassé menacé par la tentative de putsch
fomenté par l'ex-général
André Kolingba, Jean-Pierre Bemba aurait-il
changé son fusil d'épaule deux mois
après ?
Une hypothèse tout à fait plausible si l'on
considère les liens affairistes qui unissaient
Démafouth et Bemba, ce dernier écoulant par
Bangui diverses productions des territoires sous son
contrôle. Autre facteur qui plaiderait pour une
entente Bemba-Démafouth, le fait qu'une partie
importante des troupes de Jean-Pierre Bemba soit
composée de ressortissant Ngandi, c'est à dire
les "Yakomas" qui se trouvent de l'autre côté
du fleuve Oubangui en territoire congolais. Ces derniers
auraient très mal apprécié le coup de
pouce donné au président Patassé
en mai dernier, qui a fait échoué la tentative
de coup d'Etat du Yakoma André Kolingba.
On s'étonne aussi à Bangui du fait que
l'épouse de Kolingba qui était
"réfugiée" à l'ambassade de France
à Bangui ait pu s'évader le 25 août en
traversant le fleuve Oubangui, pour rejoindre la ville de
Zongo sous contrôle des forces de Jean-Pierre Bemba.
Il a bien fallu que tout un réseau se mette en place
des deux côté du fleuve pour faciliter cette
évasion rocambolesque. Jean-Pierre Bemba aurait
même selon certaines sources faciliter le transport
de Mireille Kolingba jusqu'en Ouganda en passant par
son quartier général, à Gbadolite.
Quant à Démafouth, au premières heures
du coup d'Etat raté de Kolingba, certains n'ont pas
hésité à lui attribuer la
paternité du meurtre du commandant de la gendarmerie
nationale, le général François
Ndjadder Bedaya, mort en défendant la
résidence de M. Patassé, dont il était
l'un des plus fidèles.
François Ndjadder vouait depuis un certain une solide
inimitié à Démafouth et au
général Bozize, actuel chef
d'état-major des FACA, qu'ils soupçonnait
(déjà) de comploter contre le président
Patassé.
Depuis l'arrestation du ministre Démafouth, les
militaires centrafricains ont été
consignés préventivement dans les casernes,
sur ordre du chef d'état major des armées, le
général de division François
Bozize.
Après les décès, lors des
événements, du directeur général
de la gendarmerie, le général
François Ndjadder, et du chef d'état-major
de l'armée de Terre, le colonel Abel Abrou, M.
Bozize apparaît comme le seul et incontournable patron
des Forces armées centrafricaines (FACA).
Dans ce contexte pesant de méfiance et de
soupçon, le président Patassé, dont la
protection rapprochée est assurée par des
soldats libyens et la garde présidentielle, ne quitte
que rarement sa résidence. Au point qu'à
l'occasion du 32ème anniversaire de la
révolution libyenne, le 30 août, il a
préféré se faire représenter par
son Premier ministre Martin Ziguélé
auprès de son allié libyen.
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